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 — Τριταιον ηδη ϕεγγος αιωρουμενος – Elle flotte dans les airs depuis deux aurores —

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le pays des merveilles, reste amoché dans ton coeur

→ AGE IRL : 24
→ MESSAGES : 958
→ ARRIVÉ AU PAYS LE : 24/08/2011
→ AVATAR : Mary Elizabeth Winstead
→ CREDITS : Mistaken
→ LOCALISATION : Sous les pétales … euh quelque part … dans le Jardin fleuri je dirais
PLEASE DREAM SOFTLY
SWEET SLEEPING BEAUTY
N'importe quel sot peut dire la vérité, mais il faut qu'un homme soit un peu sensé pour savoir bien mentir.


FEUILLE DE ROUTE
Caractère: Naïve – Faussement cynique – Créative – Bornée – Réservée – Têtue – Minutieuse – Paranoïaque – Menteuse – Complexée – Observatrice – Cultivée – Givrée – Pointilleuse – Pétillante – Sauvage – Instable – Cireuse de pompe
Inventaire: Ombrelle & Maillet de Croquet

MessageSujet: — Τριταιον ηδη ϕεγγος αιωρουμενος – Elle flotte dans les airs depuis deux aurores —   Dim 3 Juin - 14:34




Hadley Venetia Stenhamn-Pike

« Heureux sont les fêlés car ils laisseront passer la lumière »


ÂGE: vingt trois printemps DATE DE NAISSANCE: 17 juin LIEU DE NAISSANCE: Brighton STATUT SOCIAL: fiancée ARME CHOISIE: maillet de croquet & ombrelle MÉTIER: auteure TRAITS DE CARACTÈRE PRINCIPAUX: Naïve – Faussement cynique – Créative – Bornée – Ouverte – Têtue – Minutieuse – Paranoïaque – Menteuse – Complexée – a un côté cruelle et sadique – Observatrice – Cultivée – Givrée – Pointilleuse – Pétillante – Sauvage – Instable – Cireuse de pompe CÉLÉBRITÉ: Mary Elizabeth Winstead



RACONTEZ NOUS VOTRE MORT : C'était près de Reading, dans l'Ouest du Pays, à quelques kilomètres de la gare, là où les voies n'étaient plus correctement protégées depuis quelques années. Par une pale nuit d'hiver, le train filait dans le noir, invisible et silencieux comme la nuit. Elle, blanche figure dans un manteau rouge sang prédestiné, avançait en jouant avec se clefs de voiture, à peine éméchée par quelques verres de champagne bus pour fêter la nouvelle année et le succès de l'enquête qu'elle avait menée bien. Pour retrouver sa voiture, elle s'engagea sur les rails, sans voir le train qui fonçait verre elle à une allure folle. Elle ne se retourna qu'en entendant le sifflement d'avertissement et le reflet de la lune sur la carrosserie se refléta dans les yeux de la jeune femme avant que …

Pardon, ce n'est pas ainsi qu'elle est morte. En fait, c'est la façon dont se termina son dernier roman, sur la mort de son héroïne, pour des raisons personnelles, Venetia décida de mettre fin à sa «collaboration» avec Miss Riley Braxsen … mais nous y reviendrons plus tard.
Venetia est morte un jour de juin, quelques jours après son vingt troisième anniversaire. Pas de mort naturelle, pas de mort accidentelle, pas de suicide. Mais ce n'était un meurtre, c'était plus de l'euthanasie. Elle sortait d'un de ces cycles de sommeil, un des plus longs qu'elle n'avait jamais eu, un qui montrait l'avancement de la maladie, un cycle qui avait duré deux semaines. Pendant ce laps de temps, elle avait raté la sortie de son dernier livre, son anniversaire et le gala à la National Galerie qu'elle prévoyait depuis si longtemps.
Elle est morte à deux pas de la maison qu'elle partageait depuis deux ans avec son fiancé, à Hampstead Heath, dans le quartier nord de Londres, dans le lac, enfin, le point d'eau, sur lequel leur jardin donnait. Elle voulait une mort propre à elle-même, originale, pas bête comme celle de Riley, ni banale comme la plupart des gens.
Venetia est morte un beau dix neuf juin, noyée par son fiancé, dans son sommeil. Pour la première fois de toute sa vie, elle fut tirée de son sommeil inextricable, pour voir à travers la barrière d'eau trouble les contours de l'Être Aimé en contrejour, qui la maintenait sous l'eau, des larmes amères coulants sur ses joues …

Bon, d'accord, la vérité, rien que la vérité cette fois, elle le jure, la main sur le cœur. Mais ce fut tellement bête ! Là mieux vaut encore ce pseudo-assassinat ou passer sous un train. Parce qu'elle est morte de la célébrité de son héroïne.

Mais le fait était que rien n'avait jamais autant compté dans son cœur - sauf son fiancé peut-être - que sa serre fleurie et Venetia y passait facilement cinq ou six heures dedans par jour, sans même s'en rendre compte.

Et pour les entretenir : c'est à dire les arroser toutes, les tailler précautionneusement, retirer les pétales en train de mourir, leur parler, leur dire à quel point leur beauté grandissait de jour en jour, bref, elle passait la grande moitié de ce temps perchée sur une échelle de bois très vieille et très grinçante dont elle n'avait jamais voulut se débarrasser par attachement sentimental - c'est qu'elle appartenait à sa grand-mère.
Pour faire court, elle était sur la pointe des pieds, perchée sur une des dernières marches pour essayer d'atteindre un rhododendron qui s'était desséché pendant son cycle de sommeil - celui de deux semaines - lorsqu'elle entendit la voix d'une étrangère. « Vous n'aviez pas le droit de tuez Riley. Elle était sur le point de recommencer sa vie avec Tom. Elle allait enfin être heureuse ». Ça aurait pu n'être qu'un mauvais événement que l'on raconte le soir à table, mais la fille en voulait vraiment. Elle n'écouta rien de ce que Venetia avait à dire, sur son droit à elle d'avoir une vie, d'avoir droit au bonheur aussi, sans Riley. Mais la fille ne vivait que pour les aventures de Miss Braxsen, qu'allait-elle pouvoir faire maintenant qu'elle était morte ? Pas la peine de faire un dessin pour la suite, allons juste à l'ententiel, la discussion s'envenina, la fille attrapa le sécateur qui traînait sur la table et poignarda Venetia. Un coup. Puis deux. Puis trois. Encore et encore et encore et encore …
Elle continua à frapper jusqu'à ce qu'elle tombe à terre, après la fuite précipitée de la fan, Venetia resta sur le sol à se vider de son sang mais elle était déjà morte. Huit heures plus tard, lorsque son fiancé, ne la trouvant pas attablée devant sa machine à écrire comme d'habitude lorsqu'il rentrait du boulot, fila la chercher dans la serre où il la retrouva baignée dans son propre sang, avec les yeux grands ouverts.


QUE PENSEZ-VOUS DU PAYS DES MERVEILLES ACTUEL ? : Il porte bien son nom. Et pourtant. Pour dire vrai, en arrivant, Venetia crut être retombée dans le sommeil, comme si elle s'était endormie de nouveau et que la scène dans la serre n'était jamais arrivée. Ce monde était parfaitement conforme à ses rêves. Le jardin fleuri lui faisait penser à sa serre en mille fois mieux, un endroit où elle pouvait parler avec ces fleurs. Et jamais elle ne s'était jamais autant amusée avec le temps, car il ne passait pas comme dans la réalité. Pas du tout. Elle pouvait se rendre compte du temps qu'elle perdait, mais sans jamais le perdre réellement. Mais il y avait un élément qui changeait considérablement : la notion de danger. Ces rêves n'étaient jamais dangereux. Ou quand elle se faisait mal, elle ne le sentait pas, anesthésiée par la nature des songes. Mais là, la douleur était bien réelle. Si elle se blessait, elle pouvait saigner, elle pouvait sentir ses nerfs envoyer des signaux de douleurs dans son cerveau. Si elle mourrait. Et bien elle mourrait pour de bon.

QUEL EST VOTRE ENDROIT PRÉFÉRÉ DANS CE PAYS ? : Sans aucun doute le jardin fleuri. Il rappelle tant à Venetia son ancienne serre qui embaumait de mille parfums et qui bénéficiait de toutes les petits attentions possibles et imaginables. Sans aller dire qu'elle s'entend très bien avec les fleurs qui bordent le chemin, celles ci la laissent passer pour quelques compliments et pieux-mensonges sur leurs apparences, que Venetia se fait une grande joie de trouver et d'agrémenter chaque jour. Être auteure et lèche-botte ne lui avait jamais été autant utile de sa vie. Mais ce n'est qu'un petit effort négligeable comparé à la beauté à laquelle elle accède en retour.


Venetia à le Syndrôme Kleine-Levin, «La maladie de la Belle au bois dormant » Elle a un peu trop tendance à vivre dans les histoires qu'elle invente ou qu'elle lit Elle est d'ascendance italienne ∆ Possédait une superbe machine à écrire Corona bleue Venetia aurait voulut vivre au XVIIIeme siècle Est réfractaire à la technologie Est incollable en botanique et possédait une immense serre remplie de fleurs et surtout de roses Était d'une famille riche A rattrapé par procuration dans ses histoires tous les grands événements qu'elle a raté dans sa vie à cause de sa maladie Est une menteuse compulsive



Dernière édition par H. Venetia Stenhamn-Pike le Sam 28 Juil - 22:49, édité 29 fois
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MessageSujet: Re: — Τριταιον ηδη ϕεγγος αιωρουμενος – Elle flotte dans les airs depuis deux aurores —   Dim 3 Juin - 14:34



Trojan Horse


Mort – S-2 semaines
Respire. Venetia referme le dernier bouton de son chemisier en attendant patiemment que le docteur qui la suit depuis plus de dix ans reviennent avec les résultats. Elle sait d'avance que ce n'est pas bon, elle n'est pas idiote, elle n'est pas non plus sourde et encore moins aveugle. Elle sait compter les jours sur un calendrier, elle sait que sa crise s'est déclenchée alors qu'elle n'aurait pas due, elle sait aussi qu'elle a duré bien trop longtemps. Mais respire bon sang de tartignolle. Le docteur rentre dans la pièce, plongé dans le dossier. Venetia comprend tout de suite. Il évite de la regarder, il a quelque chose de grave à lui dire et elle peut déjà imaginer ce qu'il s'apprête à dire. Le genre de banalités plates pour expliquer à quel point il est désolé d'avoir à lui apprendre la nouvelle. Elle a tellement l'habitude. Elle déteste tellement ça. C'est une telle perte de temps qu'elle ne saurait même pas par où commencer pour faire la liste des choses qu'elle pourrait être en train de faire à la place. « Mademoiselle Stenhamn …» Venetia lui sourit pour l'encourager « … Mais je suppose que vous devez le savoir » « Yep. Épargnez vous des épreuves, doc'. On se voit dans six mois hein ? » Il prend un regard de proche, mais ça fait onze qu'il la suit, il a l'habitude « Vous ne devez pas prendre ça à la légère, pas dans votre état. Vous devez vous reposez, ne reprenez pas les mauvaises habitudes. Calme et repos » Venetia pose une main sur son ventre sans vraiment s'en rendre compte. Le docteur la voit, et elle voit qu'il la voit, elle fait mine de regarder le diamant à son annuaire. « Vous avez sûrement raison. Comme d'hab' » Il a raison. Il a raison, comme toujours.


Mort – M-4 mois
Il tourne en rond. Il marche s'arrête, souffle, ronchonne, recommence à marcher. Elle remarque son manège mais n'en fait rien. Elle est en pleine séance d'écriture, elle est très occupée. Son esprit et ses doigts sont pleinement concentré sur la description d'une scène de crime, pour être au plus près de la réalité, elle est obligée de fermer les yeux pour la reconstruire dans sa tête et l'y faire figurer très précisément. Le bruit de la machine à écrire n'aide pas, d'une part, mais avec son Jules qui renâcle de l'autre côté en essayant délibérément de la déconcentrer pour attirer son attention, c'est presque mission impossible. Il ne manquerait plus que Charlotte se mette à faire brailler la sono par un groupe de rock, elle deviendrait certainement folle. Mais c'est absolument hors de question. Ses fans attendent son livre. Elle doit le finir, elle a promit de le rendre à l'éditeur dans quelques semaines, et il lui reste tant à écrire et à relire. La déconcentration est un luxe dont elle ne peut pas se passer, surtout pas maintenant qu'un de ces cycles de sommeil se rapproche à pas de géant. Même en prenant ses médicaments en avance, ça ne ferait que le retarder sans rien de plus. Ce n'est pas possible.
Une main s'abat sur ses doigts. Les écrasant contre les touches de métal noir. La machine émet un cri de protestation et une tâche d'encre commence à s'étendre sur le papier.
« Bordel Rhys ! C'est quoi ton problème » « J'ai besoin que tu m'écoutes ! » Les yeux de Venetia jettent des éclairs. « Et t'étais obligé de me détruire ma page ?! Non, tu ne pouvais pas simplement me taper sur l'épaule non ? » C'est à lui d'adopter un regard noir « Tu sais très bien que quand je le fais tu ne … » « Ok ! C'est bon je t'écoute, fais vite ! » Elle soupire profondément pour lui faire clairement comprendre qu'il est en train de lui voler du temps. Du temps qu'elle ne peut pas vraiment se permettre de perde. Il va se dépécher ou elle ne l'écoutera pas. Venetia a une gestion très particulière de son temps. Son temps, sa gestion. Elle est toujours en retard. Elle a toujours quelque chose à faire entre ses cycles. Elle ne peut pas se prélasser, sinon lorsque le cycle la prend, elle n'a pas fait tout ce qu'elle avait à faire. Et elle perd encore quelque chose. Avec les bouclages de son roman, elle vit dans le stress, son sens du temps est encore plus accru, quand elle se relève et qu'elle voit que dix minutes sont passées, elle panique franchement. Elle la panique la ralentit. Voilà pourquoi elle a besoin de calme. Autant qu'elle a besoin de temps. « J'ai besoin de parler de nous. On ne se voit plus du tout en ce moment, tu occupes tout ton temps pour un personnage qui n'existe même pas ! » Venetia soupire. « C'est bon, je t'écoute plus » Elle préfère ne pas avoir cette discussion, ça ne va mener à rien. Elle se retourne, retire la feuille tachée et en remet une autre feuille.« Venetia. C'est la dernière fois. C'est moi ou c'est Riley » Venetia soupire bruyamment et continue de recommencer à taper sur ses touches. Elle l'entend s'en aller, elle l'entend traverser le couloir, ouvrir la porte et la claquer. Elle ne réagit pas, elle sait qu'il ne fera rien. Le soir en se couchant, elle est toujours sûre de ça. Et le matin en se relevant. Et la veille de son cycle encore, elle en est sûre. Elle comprend qu'il ne reviendra pas huit jours plus tard lorsqu'elle se réveille et que c'est sa sœur qui est à son chevet.

Mort – A-3 ans
Elle dévore son souffle. Et elle lui donne le sien. Leur corps se tendent et puis le moment est là, toutes les cellules de son corps grésillent, lui faisant momentanément perdre toute notion d'elle-même et du monde qui l'entoure. L'homme grogne et finit par rouler sur le côté. « Je crois bien que je t'aime toi » Venetia glousse et rabat le drap sur eux pour former une tente « Comment tu as dit que tu t'appelais déjà ? » Il ricane et la serre contre lui. Ce genre de démonstration l'épuise. Tout ce qu'elle veut c'est prendre une douche et filer. « Ryan. Mais c'est pas grâve, on a tout notre temps pour faire connaissance » Venetia rit, lui tapote gentiment la joue puis s'extirpe de ses bras et des draps pour enfiler ses vêtements. « Toi peut-être. Pas moi. Je t'ai dit que j'étais une importance tradeuse de Londres. Et j'ai une conversation à prendre de Kyoto tout à l'heure, si je pars maintenant, j'ai juste le temps de passer chez moi pour me changer. » Elle ajuste sa montre et se retourne vers lui avec un petit sourire aux lèvres. « Non … Non, je me souviens très bien. Tu as dit que tu étais fleuriste à Battersea. » Elle glousse en posant une main sur sa bouche, faussement gênée « Oh?! Ah oui peut-être. Et bien je suppose que tu ne le sauras jamais. Quoi qu'il en soit, je suis en retard. J'ai pas le temps de te dire au revoir comme il le faut, Ryan. J'ai rendez-vous quelque part » Elle enfile ses escarpins, chipe un baiser à un Ryan un peu plus boudeur qui se laisse faire néanmoins, mais qui essaie de la tirer dans le lit. « On peu allez boire un café. C'est quand tu veux Gemma » Elle acquiesce en sachant pertinemment qu'elle aura oublié le nom du gars et sa proposition dans quelques heures. « J'y penserai. Au fait, j'ai menti. Je ne m’appelle pas Gemma » Il n'a pas du tout l'air surpris, il se contente de bailler et d'hausser un sourcil. « Ah tiens, vraiment. Et à quel nom réponds tu chère enfant ? » Venetia finit d'enfiler son manteau, attrape son sac et avance vers la porte. « C'est Amanda »





Luno Vacation


Le pire dans tout ça c'est de se réveiller. Et d'avoir à choisir entre regretter la réalité ou le rêve. Regretter d'avoir manqué sa vie, de ne pas s'être réveillée et de ne pas avoir pu profiter de ses jours. Regretter que la maladie vole ses heures à chaque nouveau cycle, son impuissance et celle de ses proches face à cet abysse qui dévore tout, son temps, ses espoirs, ses rêves, son futur, ses sentiments. Ou de l'autre côté, regretter ses rêves qui se volatilisent dès son réveil. Son univers, le seul endroit qui soit accueillant lors des ses crises. Une prison dorée qui offre un échappatoire à sa maladie, à sa réalité. Le seul lieu où tout est possible, où tout est parfait. Choisir entre la Réalité ou les Rêves, à douze ans, on ne devrait pas avoir à faire ce choix, ni à n'importe quel âge d'ailleurs. C'est le mythe de la Caverne mais d'une plus mauvaise facture et surtout moins philosophique. La vie, elle, elle est bien réelle. Elle est là, quoi qu'il arrive, elle est toujours là. Mais elle n'est pas toute rose, elle est dure, impitoyable et rien n'est vraiment possible si on a pas les bons outils dans la vie. Alors que les rêves, ils ne sont jamais pareils deux fois, ils sont … tellement parfaits et imparfaits à la fois. Un vrai plaisir. Et tout ça rien que pour elle, rien que pour elle seule. Sans personne pour lui imposer de règles ou de devoir. Sans maladie pour altérer ses jours, pour lui voler son temps. Le vrai bonheur est dans la vie, c'est ce que dit Platon. Mais l'illusion est tellement belle, et il n'y a pas d'effort à fournir. Alors que choisir ?

Venetia avait du faire ce choix pendant onze ans toutes les fois qu'elle se réveillait après une crise. Au début, elle avait pleuré ses jours perdus. Les sorties entre amis, les contrôles très important, les fêtes de fin d'année, les anniversaires. Le nombre de fois où elle s'était réveillée dans un état second et où elle avait fondu en larmes après que sa mère l'ait prit à part pour lui annoncer ce qu'elle avait manqué. Trop de douleur trop de regrets. Alors elle avait arrêté de s'occuper de la vie, c'était le moyen le plus impie pour arrêter de souffrir inutilement, et s'était intéressée à ses rêves. Au début, c'était innocent, elle essayait de s'en rappeler simplement et les notait pour les faire lire ensuite, les ordonnant, les rassemblants de manière à ce qu'ils racontent des histoires. Et puis au bout d'un moment, simplement se rappeler de ses rêves ne lui suffisaient plus. Elle les voulait à portée de main, à tout heure de la journée, quand elle le voulait. Et comment faire pour dormir et faire des rêves lorsqu'on pouvait passer facile, une semaine à dormir ? Il fallait une bonne solution, qui marche, qui ait fait ses preuves.

Alors elle commença par les amphétamines. Puis l'extasie. Elle se trouva de nouveaux amis, des gens qui prétendaient tenir à elle, alors qu'ils tenaient en fait à l'argent de ses parents. Mais ce n'était pas grave en tout cas, parce qu'ils étaient là quand elle voulait s'oublier, essayer de changer la Réalité en Rêve. Quand ses parents lui demandaient, elle disait partir en "vacances pour la Lune", tout simplement, ils pensaient que ce n'était qu'une simple fantaisie d'adolescente, qu'elle donnait des noms de codes à ses activités, ils pensaient qu'elle partait faire du camping au bord d'un lac, ou dans un parc d'attraction. La vérité, c'est qu'ils ne voyaient que ce qu'ils avaient envie de voir : elle, s'amusant, profitant de tous les moments dont elle pouvait avant que la maladie arrive. Mais elle, elle partait s'envoyer des petits cachets, bleus, rouges, verts, jaunes flous. Et elle vivait ses rêves en plein jour. Sa santé se détériorait plus, mais peu importait, parce que ça lui allait aussi bien. Que lui importait la vie quand elle passait tout son temps à la rater, à manquer les grands temps de son adolescence ? Elle savait très bien qu'elle allait finir tôt ou tard par mourir à cause de ça. Alors, sincèrement, quel intérêt je vous prie ? Il fallut qu'elle fasse un mauvais trip, et qu'elle descende les escaliers de sa maison en commençant à s'arrachant la peau.

Ses parents lui arrachèrent ses rêves et elle passa six mois dans une cure de désintox, mais elle n'eut conscience que de seulement deux mois. Et pour s'en remettre, ses parents lui offrirent une magnifique machine à écrire. Une Corona Bleue, d'origine sur laquelle elle pouvait taper ses rêves. Puis ses idées. Puis ses ébauches. Puis ses manuscrits. Et enfin ses romans. Avant d'avoir eu vingt ans, Venetia avait publié deux romans fantastiques et avec son nouveau roman policier, avec son héroïne Riley Alexia Braxsen, une ancienne cocaïnomane était en marge de devenir la saga la plus vendue en Angleterre.





Zephyrus


Mort – S-6 semaines
C'est la première fois qu'elle va dans ce quartier de Londres. Le bruit, les odeurs, les rues, les gens, tout est différent de son beau quartier ou des belles maisons de Brighton. Elle fait tâche dans le décor. Une jolie tache colorée et hors de prix. Elle commence tout juste à comprendre le goût de Rhys à mentir sur ses origines, qu'il se soit si longtemps inventé une autre vie. Jusqu'à ce que ça devienne sérieux entre eux. Elle ne peut pas le blamer. Il lui a mentit autant qu'elle lui a mentit. Un couple de menteur, ils font la paire. Elle aura vraiment mit du temps avant de se rendre compte à quel point ils vont bien ensemble. A quel point elle l'aime. A quel point elle a besoin de lui. Tout comme lui l'aime. Tout comme lui a besoin d'elle. L'un n'est rien s'en l'autre. Maintenant qu'elle l'a trouvé, maintenant qu'elle l'a perdu, cette simple phrase s'affiche comme une loi cosmique dans sa tête. Quelque chose qui ne peut être contrarié. Aujourd'hui, elle va se réconcilier avec le cosmos.
Elle monte les escaliers en essayant de ne pas froncer du nez devant les horribles odeurs qui émanent de la cave. Et devant les tags qui salissaient la cage d'escalier et les substances indéterminables dans les coins. Arrivant au troisième étage, elle ressort un bout de papier et vérifie pour la cinquième fois avant de toquer. Rhys ouvre presque aussitôt et ses yeux s’agrandissent de stupeur en la voyant sur le palier. Elle comprend sa surprise, elle même ne comprend pas tellement ce qu'elle fait là.
« Venetia ? Mais qu'est ce que tu fais … Attend rentre. Viens à l'intérieur » Elle sourit poliment et rentre, essayant de ne pas s'attarder sur le bazar qui règne partout dans le petit studio. Un regard sur les piles de boites de pizza et boules de vêtements qui traînent sur le canapé la fait renoncer à s'assoir dessus. Mais il l'entraîne à une table et lui apporte une chaise. « Qu'est ce que tu fais là ? … Euh tu veux quelque chose à boire.» Venetia sourit et penche la tête pour essayer d'attirer son regard. Elle voit bien qu'il essaie d'éviter son regard. « Non, euh … Je l'ai tué. » Ça marche parfaitement et il la dévisage, droit dans les yeux. Elle sourit « Riley. Il n'y aura pas d'autres tomes. C'est fini » Il se passe une main dans les cheveux avant de relever les yeux, toujours aussi éberlué. « Tu veux dire que … Enfin ?» Le sourire de Venetia augmente. « Oui. Plus de roman, plus de bouclages infernaux. Plus d'emploi du temps à tenir. » Rhys se lève et va à la fenêtre. Le cœur de Venetia se serre, et si elle s'était trompée ? Et si elle s'était trompée sur ce qu'il voulait dire ? Et s'il avait décidé de tourner la page le temps qu'elle se bouge ? « Mais pourquoi est-ce que t'as fait ça ? » Il ne la regarde toujours pas. Et elle a l'impression d'avoir avalé un rocher. Elle se tord les mains et les regarde, se sentant de plus en plus mal de secondes en secondes « Bah … Je l'ai fait pour toi … je croyais que … C'est pas grave si je me suis trompée. Laisse tomber » Elle se relève, réajuste la bretelle de son sac sur son épaule et se dirige vers la porte, en espérant pouvoir réussir à s'empêcher de pleurer jusqu'au taxi qui l'attend. Mais elle l'entend arriver vers elle avant qu'elle ne passe la porte. Il l'arrête et la force à la regarder en face. « C'est bien la vérité toute nue ? » « Oui, toute nue »Elle sourit et il la serre dans ses bras presque à en lui briser les côtes. Elle lâche son sac, et enroule ses bras autour de son cou et lui rend son étreinte. « Je t'aime »

Mort – M-9 mois
Venetia ouvre les yeux. Elle se sent toute molle. Elle a faim. Elle a soif. Elle a besoin d'aller aux toilettes. Et pourtant, elle a encore envie de dormir. De retourner dans ses rêves. Ça ne va pas durer, il faut juste qu'elle se réveille correctement, qu'elle reprenne conscience d'elle-même. Un bon point de départ serait sans conteste de regarder combien de jour elle a perdu. La jeune femme roule sur le côté, ses muscles et ses os gémissent devant l'effort. Elle ne peut les empêcher de s'étirer longuement. Alors elle étouffe un nouveau bâillement et tend sa main vers son réveil. Mercredi 8. Elle essaie de faire le point. Son dernier souvenir remonte à une conversation avec son éditeur au téléphone, juste avant d'aller se coucher. C'était Vendredi. Le 3. Elle n'a raté que un, deux, trois, quatre, cinq jours. Ça reste raisonnable. Que cinq jours à rattraper, elle peut le faire en un seul jour. C'est largement dans ses cordes. Mais elle n'a pas une seule minute à perdre. Sinon, elle risque d'être encore en retard. Elle se leve donc, et commence la journée comme n'importe quel être humain : en gueulant pour avoir du café. Qui a dit que les anglais ne buvaient que du thé ?

Mort – A-7 ans
C'est la première fois qu'elle sort du Centre depuis qu'elle y est rentrée. Et peut-être même la dernière, avec un peu de chance. Et dans la voiture qui la ramène chez elle, tout semble différent. Elle se rend compte qu'elle préfère la vraie chaleur du soleil sur son visage, sa couleur, qu'elle préfère ce soleil là aux bleus, oranges ou verts parfois de ceux qu'il y avait dans ses rêves. Elle se rend compte à quel point la réalité est grouillante, à quel point elle vit, à quel point elle est vraiment palpable et sensible. A quel point ses rêves paraissent fades à côté de ça. A quel point elle aurait été vraiment triste de perde ça. A quel point elle a été idiote de choisir les Rêves, et de dédaigner la Réalité.
Sur le chemin qui la ramène chez elle. Elle se rend compte à quel point sa sœur Charlotte est belle. A quel point sa mère semble fatiguée. A quel point son père a l'air angoissé. A quel point ses parents sont merveilleux. Elle se rend compte que les cerisiers qui bordent la route n'ont jamais été aussi éclatant, aussi brillant. Elle se rend compte qu'elle aime le bleu des cieux. Et les chants des oiseaux. Et l'éclat dans les yeux de sa sœur, celui qu'elle remarque dans ses propres yeux à travers le miroir. Elle se rend compte à quel point elle aime l'eau qui coule dans sa gorge. Et la chaleur dans la main de sa mère. Et le vent dans ses cheveux. Et le soleil sur son visage.
Alors elle ferme les yeux, bascule sa tête en arrière et jure de profiter de la Réalité tant que celle ci voudrait bien d'elle. Et lorsque sa mère allume la radio, Venetia se met à chanter, et dans son cœur, il résonne comme un hymne au possible.



HORS-JEU


PSEUDO: Wynter AGE: 17 ans et dem/i] COMMENT TROUVES-TU LE FORUM ? [i]ici. COMMENT L'AS-TU DÉCOUVERT ? Un coup de bol que je lise mes mails ACTIVITE: 7/7 si tout va bien CODE DU REGLEMENT: Wink UN MOT POUR LA FIN ? :ymca: mon dieu que ces smileys m'avaient manqué

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