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 end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.

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MessageSujet: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Dim 10 Juin - 13:02


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
Ses pas s'effaçaient sur le sable parce que la mer venait lécher avidement les traces déposées au sol. Il traînait sa carcasse maigre, son visage exprimant peu de chose. Il semblait fatigué. Il ne cherchait pas à savoir où il était arrivé, il se contentait d'être là et d'exister, de penser et de voir. Comme il l'avait toujours fait. La dépouille d'un navire dormait sur le sable humide. Alozjy vit en cet endroit son havre de violence. Là où il pourrait exprimer sa haine et faire saigner son cœur sans blesser personne d'autre. D'un pas rapide, un peu haletant, il se dirigea vers la vieille coque de bois. Il s'y glissa à l'intérieur, et la pluie commençait à s'écouler du ciel au dehors. Il gagna l'intérieur du bateau en marchant sur ses genoux, ignorant les échardes qui écorchaient ses mains pâles. Il frissonna parce qu'un froid étrange parcourait ses membres et l'engourdissait. Il sentait comme des présences autour de lui, qui venaient l'enlacer de leurs grandes mains spectrales, lui apportant un réconfort qui l'étouffait. Il sortit alors sur le pont du bateau et leva la tête vers les nuages gris. Des gouttes de pluie venaient s'écraser sur son visage, roulant sur ses joues et s'échouant sur son cou blanc. Il étendit les bras en croix et ferma les paupières, effleurant la liberté du bout des doigts.

Il savait ce que ça faisait d'être privé d'air, de n'avoir plus d'oxygène autour de soi, même pas une seule petite bouffée d'air pour alimenter les poumons gourmands. Il connaissait les inspirations douloureuse et l'appareil respiratoire qui s'enflamme. Les bras d'Alozjy retombèrent contre son corps et il se laissa tomber au sol, s'allongeant sur le pont humide, ses genoux remontés contre son torse. Il gémissait car il se souvenait de la brûlure. Il revoyait sa peau rouge. Des larmes de frustration coulèrent sur ses joues creuses. Son poing s'abattit sur le sol en bois. Il frappa encore et encore, jusqu’à ce que la peau de ses phalanges finisse par s'ouvrir. Un liquide poisseux s'échappa des plaies. Alozjy se redressa et observa le fruit de sa destruction. Un rire éraillé s'échappa de ses lèvres entrouvertes. Il essuya sa main sur son pantalon de toile et sur sa chemise, se barbouillant de rouge. C'était le triste portrait d'une désespoir que l'on pouvait voir. Ses cheveux étaient aplatis et mouillés par la pluie. Il s'en contrefichait. Il se moquait de tout, de lui comme des autres. Il vivait pour son malheur, c'était tout. C'était bien.
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Dernière édition par K. Alozjy Solokov le Mar 7 Aoû - 8:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Dim 10 Juin - 14:55

I want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again.

Une brise légère vint me fouetter au visage et des gouttes m'atterrirent dessus alors que je déambulais sur la plage de sable blanc, sans aucun autre but que découvrir un peu plus ce monde aussi fascinant qu'infâme. L'air marin m'emplit les narines avec ces effluves salées et son eau iodée. La mer est calme, douce, les vaguelettes s'écrasant paresseusement sur la plage pour se transformer en écume. Mais ce paysage est trop fade à mon goût. Ce bateau échoué sur la plage non loin de là m'intrigue beaucoup plus. Ou devrais-je dire plutôt cette épave. Du bois pourri avec des planches arrachés par endroit, sans doute les habitants de ce pays, irrespectueux de la beauté des choses, sont tout ce qu'il reste de ce navire qui -je n'en doute pas- fut jadis grand et majestueux. La pluie fine venait se déposer sur mes bras nus, me faisant frissonner. Je me faufila par la brèche dans la coque, pénétrant ainsi dans la cale du navire. L'endroit sans dessus-dessous, les sacs de ravitaillement entièrement vides, les coffres ouverts avec la moitié de leur contenu à terre. Tous ces bien avaient été ravagés dans le but de trouver une quelconque richesse à piller. Soudain, je sentis un courant d'air glacé dans mon dos. Personne n'était là mais je sentais une présence oppressante. L'atmosphère s'était considérablement refroidie et des râles quasi inaudibles retentissaient dans mes oreilles. Un fort sentiment de mal-à-l'aise vint se plonger dans le fin fond de ma chair tandis que je gelais jusqu'au os. Partir, il me faut partir. Mais cette ambiance me fascine. Un bruit sourd retentit, me faisant sortir de ma torpeur. Un autre, beaucoup plus fort, qui me fit sursauter, provenant du pont. S'en suivit un martèlement sans fin de plus en bruyant et... désespéré ? Hésitante, je monta les escaliers, retrouvant le doux toucher des gouttes de pluie. Devant moi, je vois un jeune garçon, couché au sol, tapant le bois de toute la force de ses poings. Quiconque aurait pu ressentir cette douleur, cette peine, cette colère qui émanait de son corps. Il s'arrêta, se releva et contempla ses mains rouges de sang. Il les essuya sur ses vêtements comme un enfant se débarrassant de la boue sur ses mains. Il était complètement trempé. Il avait triste allure. Mais sans doute étais-ce mon cas également. Mon ventre se crispa à la vision du jeune homme riant doucement, amèrement. « Alozjy... » Il se retourna subitement, plongeant ses yeux froids et inexpressifs dans mes yeux peinés. De la peine oui, mais pas de la pitié. Je ne me le permettrais jamais. Mais je ne supporte pas de voir quelqu'un de si jeune chercher sa propre peine, se délecter du chaos et de la souffrance. Je ne supporte pas de voir quelqu'un de si jeune ne pas sourire. Sourire pour de vrai et pas une pâle imitation qui suffit aux autres. « Tu ne mérites pas le châtiment que tu te fais subir » dis-je, fixant ses phalanges dont la peau est arrachée. Je m'avance, voulant prendre ses mains dans les miennes et soigner ces plaies profondes. Mais je m'arrête. A quoi bon, il n'acceptera aucune aide et continuera cette macabre mascarade. Faire du mal aux autres, à soi, c'est son plaisir. Sa seule joie dans son âme en peine. « Tu n'es pas un monstre. » Cette phrase, je l'avais déjà prononcé lors de notre première rencontre. Et je continuerais à la répéter autant qu'il faudra...




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« I remember when I met him, it was so clear that he was the only one for me. He was charismatic, magnetic, electric, and everybody knew it. I always got the sense that he became torn between being a good person and missing out on all of the opportunities that life could offer a man as magnificent as him. And in that way I understood him. »
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Dim 10 Juin - 15:40


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
« Alozjy... » l'intéressé se retourna alors que son prénom résonnait à ses oreilles. Ses yeux fous et tristes fixèrent la silhouette face à lui, il n'éprouva qu'un sentiment de colère en voyant cette personne. Et elle avait l'air de souffrir du spectacle morbide qui s'offrait à ses grands yeux peinés. « Tu ne mérites pas le châtiment que tu te fais subir. » Appoline s'avance alors, ses mains se tendant vers lui. Sentant la menace, Alozjy recula, l'air presque horrifié. Mais elle avait prévu sa réaction, et son geste était resté en suspens. « Tu n'es pas un monstre. » ces cinq mots, les cinq mots de trop. Il se releva brusquement et agrippa les épaules frêles de son interlocutrice, serrant tellement les mains que ses jointures prenaient une teinte blafarde. Il était parcouru de frisson, réactions corporelles qu'il ne parvenait pas à maîtriser, tant le trop plein d'émotions bouillonnait en lui. « Si, je suis un monstre. J'aime faire du mal. » son ton suintait le désespoir et pourtant, il y avait quelque chose de méprisant dans ses paroles. Il avait quelque chose qui le faisait se sentir un peu au dessus de tout le monde. Il ne voulait de l'aide de personne. Personne ne l'avait aidé à remonter la pente, on l'avait toujours abandonné au fond du gouffre. C'est un perdu parmi tant d'autres, devaient-ils penser. Pas même un sourire, ni même une parole réconfortante. On l'avait tellement poussé à bout, on l'avait tellement rabaissé au rang d'incapable qu'Alozjy ne cherchait même plus à s'emparer des mains qui se tendaient. Il préférait cracher dessus, et maudire ces gens qui se croyaient capables d'aider les autres.

Mais ils n'en étaient pas capables. On ne soigne pas quelqu'un avec un sourire, on ne panse pas une blessure avec des mots. Ce serait bien trop simple. Non pour ça il faut du temps, beaucoup de patience, et de la volonté de la part du malade. Alozjy n'avait plus de volonté. Il n'avait plus goût à rien, il préférait s'enliser dans les sables mouvants de la folie. C'était étrange, mais à force, on s'y sentait bien. Et plus il devenait fou, et plus il s'enlisait. Il finirait bientôt étouffé par le sable. Ses mains étaient toujours en train de serrer les épaules d'Appoline, et s'il avait été plus fort, il aurait pu les briser, ces épaules. Et il aurait ri, il aurait ri aux éclats. Parce qu'elle serait entrain de hurler de douleur. Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres d'Alozjy, un sourire qui n'annonçait rien de bon. Il la lâcha finalement, et la regarda de bas en haut. « Qui êtes-vous pour prétendre que je ne suis pas un monstre? Qui êtes-vous pour insinuer que je ne mérite pas un tel châtiment ? » il approcha son visage creusé près de celui d'Appoline. Il la regardait droit dans les yeux. Un regard froid, distant, méchant. Il serra ses mâchoires. « Personne. Vous n'êtes personne. » cracha-t-il au beau visage angélique. Elle n'était rien. C'était une incapable, comme tout ceux qui avaient essayé avant elle.
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Lun 11 Juin - 17:45

I want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again.

Sa réaction ne se fit pas attendre. Avant même que je ne m'en rendes compte, Alojzy s'était levé et m'avait violemment empoigné les épaules. Ses yeux fous scrutaient les miens et je fus tenté de détourner mon regard. Mais je n'ai pas osé. Ou peut-être n'ai-je tout simplement pas voulu. « Si, je suis un monstre. J'aime faire du mal. » Sa voix était cassée, émue mais son ton était froid et cassant, presque hautain. Il me serrait si fort que je sentais ses ongles s’enfoncer dans ma chair. Ma mâchoire comme mon corps tout entier étaient crispés sous ses mains de fer. Les sourcils froncés, mes dents serrées, la tête haute, je fixais ses yeux d'un bleu profond d'un air méfiant. Il me serrait fort, trop fort. J'inspira profondément. Il pourrait me casser en deux s'il le souhaitait, j'en suis persuadée. Me briser, me laminer, me détruire, me rendre poussière. Comme il l'avait fait avec ce pauvre animal, ce jour où je l'ai rencontré. Pour son simple divertissement, rien de plus. Il souhaite la peine, la destruction, plus que tout au monde. Il est de ces hommes qui veulent voir le monde brûlé, assis en première loge. C'est ce qu'il m'a dit, c'est ce qu'il dit à tout le monde qui lui demande pourquoi il fait cela. Mais au fond, peut-on vraiment souhaité de telles horreurs, je me le demande. On ne naît pas mauvais, on le devient. Alozjy n'est pas un monstre, je le sais. Notre affrontement silencieux se continu, sous la pluie de plus en forte. Le désespoir suinte par tous les pores de sa peau et la fureur règne dans ses yeux, maîtresse d'un monde perdu. C'est un désordre, rien de plus, rien de moins.

Le vent marin se faisait plus présent les minutes passant. Mon corps souffre, la pression devient presque insupportable. Un sourire perfide fit son apparition au coin des lèvres d'Alozjy. S'en fut trop, mes yeux fuirent les siens, à cause de la crainte sûrement. Je lui tournais dorénavant la tête, fixant la mer à l'horizon qui se faisait déchaîné. Tous les éléments s'étaient réveillés, comme si la colère d'Alozjy les avaient fait sortir de leur torpeur. Je déglutis difficilement. Je ne voulais pas lui montrer que j'avais peur de lui, je ne voulais pas qu'il ait ce pouvoir. Surtout, je ne voulais pas que cela le conforte dans sa vision pessimiste de lui-même. Soudain, la pression sur mes épaules qui était si forte que je ne la sentais même plus disparut complètement, me laissant mes bras meurtris comme seul souvenir de sa présence. Je me retourna subitement vers Alozjy, me dédaignant du regard. « Qui êtes-vous pour prétendre que je ne suis pas un monstre? Qui êtes-vous pour insinuer que je ne mérite pas un tel châtiment ? » cracha-t-il comme du venin à mes oreilles. Il se rapprocha de moi à nouveau et vint planter son visage à quelques centimètres seulement du mien. « Personne. Vous n'êtes personne. » Ma mâchoire se contracta à ses mots insolents. Pathétique. Ce n'est pas par des simples mots, aussi blessants puissent-ils être, que je le laisserai seul avec son âme douloureuse. En réalité, je pense qu'Alozjy est pris dans un cercle vicieux. Son intérieur chaotique le pousse à semer la pagaille chez les autres, ce qui le détruit davantage. Mais peut-être ai-je tort. Après tout, je ne connais rien aux autres. La seule véritable personne que je ne connais provient de mon imaginaire. Mais soit, prétendons, rien qu'un instant, que j'ai raison. Je n'abandonnerais pas si facilement. Oh non. « Et toi, qui es-tu pour tu juger si cruellement ? Qui es-tu pour te permettre de te faire autant de mal ? Personne ne mérite ça, pas même toi. » répondis-je avec calme, jaugeant son regard paralysant. « Alors certes, je ne suis personne. Mais toi, tu n'es rien. » murmurais-je en retour au jeune homme. « Du moins à tes propres yeux. » dis-je en reculant, m'éloignant lentement d'Alozjy sans le quitter des yeux. « Mais pour moi, tu es aussi important que n'importe qui d'autre dans ce monde irréel. Et je ne te laisserais pas te détruire à petit feu, même si cela doit-être contre ton gré. »




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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Mar 12 Juin - 10:49


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
Sa peur. Il la sentait, tout comme il percevait son malaise. Il avait senti ses muscles se crisper lorsqu'il avait serré ses mains. Elle avait eu mal. Elle avait ressenti de la douleur. Et ce petit rien, ce tout petit rien, parvenait à combler Alozjy. Elle reculait, s'approchant du bastingage. Lui, il ignorait les flots qui se soulevaient furieusement. « Et toi, qui es-tu pour tu juger si cruellement ? Qui es-tu pour te permettre de te faire autant de mal ? Personne ne mérite ça, pas même toi. » il fronça les sourcils, comme s'il n'était pas d'accord avec elle. On disait de lui qu'il était malade, qu'il était atteint d'un toc qui le poussait à la destruction. Il payait pour le mal qu'il infligeait. Ainsi, il n'avait pas de comptes à rendre. « Alors certes, je ne suis personne. Mais toi, tu n'es rien. Du moins à tes propres yeux. » ils n'avaient de cesse de se regarder dans les yeux. Mais Appoline avait raison : il n'était rien. Une poussière dans un tas de cendres, un brin d'herbe dans une prairie, un grain de sable dans un désert. À cette échelle, il n'était rien. Rien qu'un petit être insignifiant. Alozjy n'avait pas envie de devenir quelqu'un, il voulait rester ce qu'il avait été toujours été. Un malade qui refusait de se soigner. Il aimait son monde décalé, ses pensées obscure, son sadisme omniprésent.

Il aimait ça, parce qu'il avait toujours vécu avec cette haine plantée en lui. Et il l'avait arrosée, la graine de la méchanceté. Il en avait pris soin, si bien qu'elle avait prit racine. Et elle devenait peu à peu un arbre. Les médecins avaient essayé de couper le tronc. Ils avaient réussi, mais les racines ne s'arrachaient pas si facilement. Et ces médicaments qui servaient de pesticides. Alozjy ne les avait jamais pris. « Du moins à tes propres yeux. Mais pour moi, tu es aussi important que n'importe qui d'autre dans ce monde irréel. Et je ne te laisserais pas te détruire à petit feu, même si cela doit-être contre ton gré. » des frissons couraient sur le corps chétif du jeune homme. Il fronça les sourcils, le doute germant dans son esprit. Il observait Appoline de loin, ses yeux crachant de la haine et de la méchanceté. Il ne voulait pas de son aide, il ne voulait de personne. Mais elle ne comprenait pas. « Je suis important pour vous ? Vous ne savez pas qui je suis vraiment. » À présent il tremblait presque, tant la fureur s'emparait de lui. Personne n'essayait de comprendre, et ça le rendait fou. Ils étaient tous ignorants de sa vraie nature. Il serra ses poings pour masquer les tremblements, puis soudainement, il recula d'un pas, son expression devenant effrayée. « Je ne veux pas de cachets. Tout sauf des cachets. Pas de médicaments, pas de pilules. » il avait lâché ses paroles dans un gémissements. Il revoyait les petits disques blancs s'échouer dans l'eau, tout effervescents. Alozjy se laissa tomber à genoux, de la bruine aux paupières. « Vous promettez qu'il n'y aura ni de médecins, ni de cachets ? » il retombait en enfance, des années plus tôt, sa haine se muant en peur, ses os tremblaient dans sa carcasse d'enfant roi.
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Jeu 14 Juin - 17:12

I want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again.

Une moue renfrognée, Appoline ne quitta pas des yeux le jeune homme, en attente d'une quelconque réponse. Ou plutôt une réaction. Car elle doutait sérieusement qu'il lui réponde. Il pourrait très bien s'énerver, lui faire du mal, se faire mal à lui-même. La colère pourrait prendre possession de son corps sans que son esprit perde sa réflexion. Ces gestes étaient parfaitement contrôlés lorsqu'il avait lacéré le corps de ce pauvre animal. Calculé et précis, c'était du travail propre. Seulement, il avait pris son temps. Lentement, doucement, laissant l'animal à une mort douloureuse, proche mais pas immédiate. Aussi, si ces actes n'étaient pas dû à une impulsivité sanguinaire où il perdait tout contrôle et qu'il ne s'en rendait pas compte de ce qu'il faisait, cela voulait dire que ces actes pouvaient être effrénés. Mais si et seulement si il y mettait du sien. Ce qu'il ne semblait pas prêt à faire. Appoline humidifia ses lèvres. Ce contact visuel permanent, ce duel visuel, la perturbait. Les yeux d'Alozjy rejetait de la haine et du mépris au visage de la jeune fille. « Je suis important pour vous ? Vous ne savez pas qui je suis vraiment. » Ses mains oscillaient, des tremblements agitant son corps tout entier. Appoline ne put s'empêcher d'apercevoir Alozjy serré les poings si fort, que ses jointures en devinrent aussitôt pâle, jurant avec le rouge foncé du sang séché. Elle ne put détaché son regard de ses mains. Elle voulut à nouveau s'approcher de lui, pour les soigner et les prendre dans les siennes. Mais cette fois-ci, elle n'essaya même pas. Il ne ferait que s'éloigner d'elle, une expression craintive collé à son visage. Ce garçon n'a pas l'habitude d'avoir de l'aide. D'une personne in-intéressé du moins. Et puis après tout, il n'a pas tort. Ils ne sont que des inconnus l'un pour l'autre. Alors pourquoi l'aiderai-t-elle ? « Je ne veux pas de cachets. Tout sauf des cachets. Pas de médicaments, pas de pilules. » supplia-t-il en tombant à genoux. Et là, Appoline comprit pourquoi elle s'était accroché à cet infime espoir que ce frêle garçon se tenant devant elle, recroquevillé, n'était pas éperdument mauvais. Elle s'y était accroché parce que cet espoir était réel. « Vous promettez qu'il n'y aura ni de médecins, ni de cachets ? » Ses yeux qui s'étaient perdus dans le vide, revinrent rencontrer ceux d'Appoline, qui elle se tenait toujours debout, dos à la balustrade. Mais cette fois, il n'y avait ni haine dans ces yeux de la même couleur que les vagues qui venaient s'écraser contre la coque avant du bateau, toujours un peu immergée. C'était de la crainte pure et dure.

La peine qu'avait ressentie Appoline, qui avait été remplacé par la peur quand ces bras qui lui semblaient maintenant si mince l'avaient agrippés, était réapparue dès que les pupilles noisettes de la demoiselle s'était posé sur le garçon, hanté par des démons inconnus. Ce garçon qui lui avait semblé si dangereux mais maintenant si fragile. Le ventre d'Appoline se crispa devant ce spectacle tragique, ignorant ce qu'elle devait -ce qu'elle pouvait- faire. A ce moment précis, son coeur était empli d'affection pour Alozjy. Peu lui importait qu'elle ne le connaisse pas. Tout ce qu'elle voulait, c'était le serrer fort, très fort, dans ses bras et lui promettre que tout ira bien. C'est que Bernie aurait fait si Appoline se serait retrouvé dans un tel état. Mais Bernie n'apparaissait presque plus. Se trouvait sur ce pont, uniquement Alozjy et Appoline. Et une mer d'amertume et de peine comparable à la mer s'agitant devant eux.

La jolie poupée s'agenouilla devant l'adolescent meurtri. Elle chercha son regard mais ne put s'autoriser à poser sa main sur celles d'Alozjy. « Alozjy, je te le promet. Il n'y aura ni médecin, ni cachet, ni médicament, ni traitement. » Elle lui fit un petit sourire mais qui n'en fut pas moins sincère. Elle n'avait aucune idée de l'attitude à adopter. Elle craignait qu'il ne se rétracte subitement et redevienne froid, hautain et méprisant si elle disait ne serait-ce qu'une parole de travers. Elle ne voulait pas ça. Elle avait réussi à trouver une faille dans cette carapace de métal et elle s'accrocherait de toutes forces à ses fines fissures invisibles à autrui. « Ce sera juste toi et moi. Rien, ni personne d'autre. » Le doux regard d'Appoline obstrua toute vision autre que ce corps fin, agenouillé au sol, tremblant. La mer, le vent, la pluie, plus rien n'avait d'importance. Tout ce qui comptait, c'était cette âme en pleurs à réconforter. « Je te le promet. »




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Dernière édition par Appoline Baudelaire le Jeu 14 Juin - 18:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Jeu 14 Juin - 18:15


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
Ses grandes mains enroulaient ses épaules osseuses, et il tremblait encore et encore. Pas parce qu'il avait froid mais parce qu'il avait peur. Il se fichait royalement de la pluie qui giflait son visage d'enfant. Il se souvenait des cachets qui dansaient dans l'eau, il se souvenait de tous ces horribles médicaments. Ils avaient tout essayé, même le faire avaler de force. Mais il préférait encore se faire vomir pour ne pas laisser le médicament agir. Les deux doigts plantés au fond du gosier, la tête au dessus de la cuvette des toilettes, crachant de la bile et parfois du sang. Il souffrait et tout allait bien. Tant qu'il irait mal, il serait heureux et se nourrirait de cette douleur. Ses maux étaient son régime quotidien, il l'amaigrissait, mais il se trouvait correct ainsi. Ni trop heureux, ni trop triste. Ni trop sain, ni trop malade. Il avait trouvé son équilibre, son juste milieu. Il vit les pieds d'Appoline s'avancer sur le pont glissant, puis elle s'agenouilla à ses côtés. Alozjy sentait le réconfort qu'elle pouvait lui offrir, mais il répugnait à s’en emparer, alors il observait cette tendresse à distance, crachant dessus. Il ne voulait pas de son aide, il ne voulait pas aller bien. Sa bulle de haine était tellement confortable, une cage dorée qui n'avait cependant pas de limites. De la bruine perlait à ses yeux bleus. « Alozjy, je te le promet. Il n'y aura ni médecin, ni cachet, ni médicament, ni traitement. » c'étaient des paroles presque inespérées, mais tellement douce pour ses tympans déchirés. Il leva un regard presque reconnaissant pour Appoline. Tout au fond de lui, sous des kilomètres de glace et de pierre, il la remerciait. « Ce sera juste toi et moi. Rien, ni personne d'autre. Je te le promet. » il hocha la tête. Sa mâchoire inférieure tremblait légèrement parce que les larmes salées manquaient de le submerger. Il n'était qu'un enfant, il pensait être grand, il pensait être fort. Il se croyait Roi, maître de son destin comme un capitaine est maître de son bateau.

Alozjy était un naufragé. Un naufragé muet, battu par les vents et il hurlait au secours. Il hurlait encore et encore, jusqu'à sentir ses cordes vocales brûler. Il se croyait si bien, mais il était si mal. Sa fierté l'empêchait de se l'avouer, et il n'aspirait qu'à la destruction, qu'à l'envie de tout exploser autour de lui. Il implosait déjà. « J'ai peur. » sa voix s'était échappée de ses lèvres tremblantes. Ça n'était qu'un murmure, qui chuchotement à peine audible. Mais il l'avait exprimée, cette peur qu'il lui prenait les tripes, cette peur invincible. J'ai peur du sommeil comme on a peur d'un grand trou. Tout plein de vague horreur, menant on ne sait où. Les vers de Baudelaire soufflaient sur ses tympans. Il tombait un peu plus bas chaque jour. Il se perdait encore plus chaque nuit. Et il se réveillait, encore moins conscient. «  Même si c'était votre désir le plus cher, vous ne pourrez jamais m'aider. » il parlait toujours aussi bas, comme s'il avait peur d'éveiller quelqu'un. « C'est trop tard. » c'est trop tard. C'est trop tard. C'est trop tard. Il mordait les mains tendues, crachait sur les sourires, ignorait la confiance et ne se fiait qu'à la méfiance. La peur, la peur. La destruction, le noir. La haine, la peur, la destruction. Le froid, la pluie. Et puis le vide, le vide dans son être. Le trop plein dans son esprit.

Je vais mal.
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Sam 16 Juin - 16:12

I want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again.

Les abîmes les encerclait, les séparant du reste du monde. Rien d'autre que le silence ne se faisant entendre. Le vent qui les frappait au visage et la pluie martelant leur peau n'étaient plus que détails. Appoline n'avait même plus froid. Ces abîmes qui s'immiscent parmi nous, entre nous, nous divisant, nous détruisant. Ces mêmes abîmes dont viennent ces doux râles glacés, présents dans ce bateau. Mais même ces voix d'outre-tombes avaient disparus. Comme intimidés par cette peur, ce désespoir qui n'émanaient pas d'eux mais d'une âme bien vivante. Vivante, mais pour combien de temps ? Ou peut être étaient-ils effrayés par la compassion d'une âme pure mais elle aussi brisée. Ou tout simplement dégoûtés par l'humanité encore présente dans ce monde dérangé. L'adolescent hocha la tête silencieusement lorsque les lèvres roses promirent ce qu'il voulait entendre. Pas de médecins ni d'arnaqueurs en blouse blanche promettant une guérison miraculeuse par l’absorption d'une petite pilule. Pas de mensonges. Appoline ne savait pas comment elle comptait s'y prendre pour prouver à ce garçon qu'il n'était pas un monstre et que la souffrance ne menait à rien. Avec énormément de bonne volonté, de patience et d'amour. L'amour qu'elle aurait donné à un ami. L'amour qu'elle aurait donné à un frère. L'amour et l'affection qu'elle aurait donné à quelqu'un, acte si habituel pour certains qu'Appoline n'a jamais eu l'occasion de faire. Le rapport de force entre leur regard -bien plus présent que les mots depuis leur première rencontre- s'était mué en bouée de sauvetage de l'un pour l'autre. Appoline ne souhaitait absolument pas rompre ce contact, seul réel contact qu'il ait eu. Ces yeux chauds et réconfortants se noyaient dans la peine salée de ceux d'Alozjy tandis que ces mots s'enfuirent de la bouche de ce dernier : « J'ai peur. » Une simple phrase, à peine audible. Une simple phrase mais qui voulait tant dire. Il tremblait tout entier mais Appoline aurait pu affirmer avec certitude que ce n'était en rien dû au froid. La demoiselle réprima un énième élan d'affection de faire basculer Alozjy dans sa coquille fermée se protégeant avec pics acerbes. A la place, elle se mordit la lèvre inférieure comme pour palier à son incapacité. « Même si c'était votre désir le plus cher, vous ne pourrez jamais m'aider. » dit-il à voix si basse qu'Appoline dut se rapprocher de lui pour l'entendre. « C'est trop tard. » Le goût du sang se répandait dans la bouche d'Appoline, une fine coupure barrant sa lèvre. Elle n'avait aucune idée pour mettre fin à ce supplice dans lequel se trouvait Alozjy. Mais bon Dieu, qu'est-ce que ça faisait mal de voir quelqu'un dans un état pareil.

Ils restèrent là accroupis, l'un en face de l'autre. Enfin, la jolie poupée prit la parole. « Ce n'est jamais trop tard. » dit-elle d'une petite voix. « Je ne dis pas que ce sera aisé. » Le garçon releva la tête et Appoline put admiré ces beaux yeux bleus -si différent de ceux qui hantaient ses nuits- embués de larmes. « Mais je sais qu'un jour tu comprendras que tu ne mérites pas ça. Je le sais parce que je crois en toi. » On peut la qualifier de candide. Mais il en faut bien dans ce monde envenimé pour nous rappeler que tout n'est pas pourri jusqu'à la moelle.




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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Dim 17 Juin - 7:59


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
Les regards expriment bien plus de choses, d'émotions que les mots. Ils trahissent des mensonges, mettent à découvert. La joie, la haine ou la peine. Et tout ça rien qu'en se regardant l'un dans l'autre, on pouvait voir la magie de certains yeux. C'était parfois beau, c'était souvent déstabilisant. À cet instant, les pupilles d'Alozjy montraient son horreur et son évidente fragilité. Il devenait l'enfant vulnérable qu'il n'avait jamais été, le naufragé de ses sentiments, le perdu de la brume de son esprit. Pourtant, dans tout ces tumultes, il parvenait à exister, à inspirer et expirer chaque jour. Ses doigts tremblants vinrent se poser sur son torse, alors qu'il se souvenait de la morsure brûlante, qui l'avait incendié de l'intérieur. Et l'air qui manque, et l'eau qui bout, et le corps qui lentement se consume. Il était mort incendié par sa propre colère. « Ce n'est jamais trop tard. » elle y croyait dur comme fer à ses paroles, il semblait à Alozjy qu'elle essayait de se convaincre que c'était possible. Seulement il n'y avait pas d'issue, même le plus vain des espoirs serait futile à cet instant. L'adolescent prit une inspiration tremblante, ses yeux fixant le pont mouillé. Il ignorait la pluie qui ruisselait dans son cou et dans son dos, l'eau qui gouttait de ses cheveux plaqués sur son front. « Je ne dis pas que ce sera aisé. Mais je sais qu'un jour tu comprendras que tu ne mérites pas ça. Je le sais parce que je crois en toi. » et il y avait de la force dans ses paroles. Une vraie force, celle qui donne envie de s'accrocher et de croire aux rêves. Il ne pouvait pas y croire.

Alozjy redevint rigide, se redressa et fixa Appoline avec plus de froideur dans ses grands yeux tristes. Il secoua négativement la tête. On ne peut pas croire en un monstre, on ne peut pas espérer qu'il se reconstruise correctement. On peut lui insuffler des illusions, on peut le pousser à croire des choses fausses. Mais Alozjy ne voulait pas survivre avec une vision éphémère et atténuée de la [i]belle[/b] vie. « Nous devrions tous avoir peur des monstres, vous savez. Se méfier d'eux, cracher sur leur nom et frissonner à leur approche. » ses yeux fixaient toujours la même personne, et lui il croyait en ses paroles, plus qu'il croyait en celles d'Appoline. « Moi je pense qu'il ne faut pas croire entre eux, qu'il faut continuer à les rabaisser au rang de monstre. Car c'est ce qu'ils sont. Il ne faut pas essayer de faire d'eux des bons gens. Ça ne marche pas. » ses yeux se baissèrent puis il se releva et marcha jusqu'au bastingage. Les flots déchaînés venaient lécher la coque du bateau mort. Ses mains agrippaient le rebord, et il se balançait sur ses jambes frêles. Elle était gentille, Appoline. Mais son trop plein de vouloir bien faire et de tendresse dégoûtaient Alozjy. Il était écœuré par ça. Il n'en voulait pas. Ces choses là étaient ses monstres à lui. Il ouvrit alors les vannes des pleurs, et laissa les larmes rouler sur ses joues creuses. C'étaient des larmes de tout, des larmes salées qui sentaient l’amertume. Il était fragile, instable. Il se croyait froid et Roi. Mais Appoline avait raison, Alozjy n'était rien. C'était le vide et le néant, une abîme profonde.
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Lun 2 Juil - 19:31

I want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again.

On dit que l'espoir fait vivre. C'est faux. Les espoirs ne sont qu'eux-mêmes des paroles fausses, sans fondement, sans vérité, sans réalité. Ce sont des mensonges. On s'y accroche désespérément comme on jette une bouteille à la mer dans la mer déchaînée qu'est la vie. Une bouteille remplie de rêves et espérances. Une bouteille qui après un voyage chaotique ira s'exploser violemment contre un rocher sur la côte, détruisant tout sur son passage. Détruisant son contenu, cet appel au secours à peine dissimulé. Détruisant la personne qui l'avait jeté à l'eau. Entre temps, ces espoirs inavoués pour la plupart nous immolent doucement de l'intérieur, rongent nos os, dévorent notre chair, coule dans nos veines. Ils font tellement de bien mais tellement de mal. Quel beau paradoxe. En réalité, l'homme n'a pas besoin de machines pour se torturer, son cerveau lui suffit. L'espoir. Une pensée risible. Détestable pour des gens comme Alozjy. Nécessaire pour des gens comme Appoline. D'abord, il y eu l'espoir de quitter un jour sa prison dorée, cette maison maudite. Le rêve de voir le monde extérieur. Ça lui aura pris vingt ans. Deux courtes années après, la mort l'aura emporté sous un trait si charismatique. Comme pour mettre fin à la nouvelle liberté de la jeune fille. Ensuite, il y eu l'espoir d'avoir un ami, un vrai. Pâle compensation que fut Bernie, médiocre simulacre inventé de toutes pièces. Ah, Bernie. Que dirait-il si il voyait Appoline en ce moment-même, son âme pure s’accrochant à un énième espoir. Celui de sauver ce garçon de ce mal qu'il s'inflige lui même. Ah, il rirait bien Bernie. Bernie, Bernie, Bernie... Où es-tu en ce moment Bernie ? N'étais-tu qu'un compagnon de cellule durant ces vingt années ? Non, non, tu es toujours là, quelque part. Bernie, Bernie, Bernie, où es-tu ?

Elle s'était perdue dans l'océan glacé de ses yeux. Un regard de nouveau d'acier. Une contenance maîtrisée, plus aucun tremblements. « Nous devrions tous avoir peur des monstres, vous savez. Se méfier d'eux, cracher sur leur nom et frissonner à leur approche. » Un ton lent, presque doux. Une voix froide, presque dénuée de tout sentiment. « Moi je pense qu'il ne faut pas croire entre eux, qu'il faut continuer à les rabaisser au rang de monstre. Car c'est ce qu'ils sont. Il ne faut pas essayer de faire d'eux des bons gens. Ça ne marche pas. » Le contact visuel se rompit tandis qu'il se releva et s'approcha de la rambarde. Appoline, restée agenouillée au sol, ferma les yeux quelques secondes, le temps d'une respiration, comme un soupir silencieux. Elle s'humidifia les lèvres. Sa bouteille à la mer jouait dangereusement dans les vagues le long de la côte. Elle dégagea les mèches mouillées de son visage. « Tu n'es pas intéressé par de l'aide, hein ? » C'était une simple question de rhétorique, elle n'en attendait aucune réponse. Elle se releva, frottant sa main contre ses genoux rouges par leur contact au sol. « Tu te délectes de ton état, tu aspires à la souffrance. Tu te crois capitaine de ton navire. » Ce côté instable, doux-amer, était l'oeuvre de Bernie. C'était lui qui l'avait encouragé à réagir et ne pas rester une gentille fille passive constamment. « les naïfs et les gentils crèvent en premier. le mal finit toujours par triompher. », il avait dit. A l'époque, Appoline n'était pas bien sûr de ce qu'il avait voulu dire par là. Bien sûr, ce n'est pas véritablement Bernie qui avait dit cela. En réalité, cette pensée pessimiste ne venait que du subconscient profond de la jolie poupée brisée. Depuis, il lui arrivait de réagir -parfois trop- d'un ton brut ou cassant lorsqu'elle sentait que la situation lui échappait. Ou quand la bouteille menaçait de se briser en milles morceaux.

Appoline, les mains jointes dans le dos, le vent battant ses cheveux humides contre son visage, s'avança aux côtés d'Alozjy. « Alors, tu te permets de dédaigner la moindre attention, le moindre geste à ton égard avec la pâle excuse que tu ne le mérites pas ? C'est bien lamentable de se contenter d'un tel mensonge. » dit-elle, une once de mélancolie dans le timbre de sa voix. Son regard se perda à nouveau dans l'océan glacé, mais cette fois-ci non pas des yeux du garçon mais dans l'océan s'offrant face à elle, immense et majestueux.





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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Mar 3 Juil - 11:18


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
« Tu n’es pas intéressé par de l’aide, hein ? » ses phalanges blanchissaient parce qu’il était crispé, et sa peau se faisait presque transparente là où les os l’effleuraient. Alozjy tourna la tête vers elle et vit qu’elle se releva. Ils étaient tout deux des épaves malmenées par les vents. Lui était un vrai tableau de chagrin et de désespoir, les larmes se mêlaient à la pluie, si bien qu’on ne pouvait pas différencier l’une des autres. « Tu te délectes de ton état, tu aspires à la souffrance. Tu te crois capitaine de ton navire. » le ton d’Appoline était subitement devenu cassant, amer. Il ne correspondait pas à ce qu’elle montrait et à ce qu’elle avait l’habitude d’être. Alozjy haussa un sourcil puis considéra Appoline en silence. « Je ne le crois pas. Je le suis. » et là se trouvait la différence, les commandes de son navire, c’est lui qui les avait toujours tenues, comme un fier marin qui se dresse face aux flots déchaînés. Il avait souvent reculé face à la menace, il avait blessé et amoché pour pouvoir être celui qu’il était. Et il ne le regrettait pas. Il ne le regretterait jamais.

Ses yeux furieux étaient toujours rivés sur Appoline. Les pieds de cette dernière glissèrent sur le pont humide pour venir aux côtés d’Alozjy. Ce dernier réprima un frisson à cette proximité qui le dérangeait tout en le mettait mal à l’aise. « Alors, tu te permets de dédaigner la moindre attention, le moindre geste à ton égard avec la pâle excuse que tu ne le mérites pas ? C'est bien lamentable de se contenter d'un tel mensonge. » elle ne comprenait donc pas, elle ne comprendrait peut-être jamais. Certes, il estimait ne pas mériter la main tendue des autres, mais il avait surtout peur de la saisir, il avait peur de devenir dépendant d’une personne. Il refusait d’apprendre à aimer, à devoir compter sur les autres. Il préférait sa peine, il préférait sa solitude et son statut d’épave. Il ne voulait pas de voiles neuves, il ne voulait pas qu’on le retape, qu’il redevienne un garçon fréquentable et aimable. « Alors je suis lamentable. » et il l’était. Irrécupérable, sali par la haine, froid et indésirable. Parler avec Appoline, c’était comme marcher dans un camps de mine.

Les larmes menaçaient à nouveau de le submerger, terribles dévastatrices. Il refusait de montrer sa faiblesse, de montrer qu’il n’était pas un Roi mais un prisonnier. Il leva les yeux au ciel et ferma ses paupières, inspira l’air iodé. Alozjy pivota vers Appoline, sa main s’abattit sur le poignet de la jeune femme. Il la retourna violemment vers lui. « Si je ne désire pas de votre aide, à quoi bon s’acharner ? Vos efforts sont vains, et vous êtes tout aussi lamentable que moi. » il avait parlé calmement, mais la méchanceté perçait dans sa voix, limpide. Appoline était futile, inutile. Et pour l’instant, elle n’avait fait que renforcer la bulle de haine d’Alozjy.
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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Lun 23 Juil - 18:02

I want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again.

« Alors je suis lamentable. » Une réponse si simple. Si simple mais si triste. C'était dit sur un ton d'évidence, un fait auquel on s'est résigné. La houle disparut dans l'obscurité des paupières closes, fermées pour empêcher la vision de s'embuer davantage. Les paupières se rouvrirent, les sourcils se froncèrent légèrement, vers le haut. Les dents se plongèrent dans la chair de la lèvre inférieure. Dans un minuscule mouvement, la tête se tourna et les jolis yeux couleur d'ambre se posèrent sur les frêles mains d'albâtres aux jointures encore rouge du sang séché tenant la balustrade. La vision se brouilla de nouveau et pour éviter tout écoulement lacrymal, fixa de nouveau l'horizon, vide, complètement vide. Et les paupières se fermèrent de nouveau, éphémère échappatoire. Une poigne de fer s'abattit sur son poignet et Appoline fut tourné violemment. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit les siens. Des abîmes d'un gris profond. Des abîmes répondant au nom d'Alozjy. « Si je ne désire pas de votre aide, à quoi bon s’acharner ? Vos efforts sont vains, et vous êtes tout aussi lamentable que moi. » Elle parut désemparée mais par le geste brutal ou par les paroles claquantes, personne n'aurait pu dire. Il ne faisait que les repousser, elle et son aide. Elle tentait désespérément de s'y accrocher depuis que cette conversation avait commencé mais elle commençait à croire que tout ce dont à quoi elle s'accroche, c'est du vide. Il ne veut pas de son aide. Les yeux d'Appoline s'embuèrent de nouveau, et le visage d'Alozjy devint déformé par l'eau. Mais aucune goutte ne coule. Abandonner ce garçon, n'aurait que des répercussions terribles. Cependant, on ne peut pas le forcer à changer. Alors, il avait raison. Pourquoi vouloir l'aider ? « C'est vrai ça, pourquoi donc ? » Les yeux ambrés quittèrent les profondeurs des abîmes et cherchèrent de tout côté celui qui avait interrompu ces réflexions. Mais il n'y avait rien ici. Rien, à part deux âmes en peine et des fantômes. Les mots s'arrêtèrent à mi-chemin de sa gorge. Bernie ?

Ce fut la douleur qui la ramena à la réalité. Bernie n'était pas là. La main enserrant son poignet, si. Elle voyait trouble, les larmes allaient bientôt débordés. Il lui fallait penser à autre chose. N'importe quoi. Tant que les larmes ne coulent pas. Elle ferma les yeux, encore une fois et les mots s'échappèrent de sa bouche avant même qu'elle n'y fasse attention. « Je ne veux pas te laisser seul. » Ce n'était pas une réponse en elle-même, c'était davantage une supplique. Elle ne voulait pas voir Alozjy s'éloigner au loin, solitaire. « Alors oui, je suis lamentable. Pathétique, même. » dit-elle en fixant le sol. Un rire moqueur se fit entendre mais lorsqu'Appoline leva la tête vers Alozjy, il avait le visage fermé. Ça ne peut pas être Bernie.
Bernie m'a lâché, il y a de cela un an. pensa-t-elle intérieurement. Elle secoua la tête pour chasser ses idées stupides. Elle replongea ses yeux dans les abîmes de ceux d'Alozjy, se demandant qu'est-ce qu'elle devait faire maintenant. Il serait inutile d'insister mais d'un autre côté, il était tout bonnement impossible d'abandonner quelqu'un dans un tel malheur. Même si ce n'était pas considéré comme un malheur pour tous. Personne n'est laissé pour compte. Même pas dans un monde aussi taré que celui-ci. « Je ne veux juste pas te laisser tout seul. » Ses yeux ambrés si tristes auparavant se durcir sans être méchants. « Je ne te lâcherais pas Alozjy. Quoique tu dises, quoique tu fasses. Je ne t'abandonnerais pas. Fais avec. » C'était une déclaration, non négociable.



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MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Mer 25 Juil - 8:59


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
« Je ne veux pas te laisser seul. » les doigts d'Alozjy faisaient toujours pression sur les os fragiles d'Appoline. Il pouvait si facilement les casser, il pouvait tout aussi bien la détruire, elle. L'anéantir pour que jamais elle ne refasse surface et qu'elle revienne hurler corps et âme qu'elle pouvait l'aider. « Alors oui, je suis lamentable. Pathétique même. » les yeux de la femme fixaient le pont glissant. La pression se fit moins forte. D'eux deux, lequel souffrait le plus ? Elle saignait pour les autres, souffrait de voir tant de haine habiter un si petit corps. Et lui, lui et son égoïsme, il se fichait royalement qu'elle aille mal, il se fichait de son aide et de toute perche tendue à lui. « Je ne veux juste pas te laisser tout seul. » bizarrement, ses paroles réchauffèrent un peu le cœur d'Alozjy. Ses yeux brillaient de larmes, parce qu'il était encore plus perdu qu'avant. Devait-il accepter sa présence ou bien devait-il la repousser encore et encore ? Jusqu'à lui faire du mal, jusqu'à la blesser pour que plus jamais elle ne se relève. Mais à cet instant, Alozjy sut qu'il serait incapable de lui faire du mal, parce que le ton d'Appoline était égal à une supplique, et il n'arrivait pas à rester indifférent. On ne lui avait jamais porté autant d'attention, on se contentait de le regarder de travers en le traitant de fou et de mal. Cette fois, c'était différent. On le regardait avec sympathie, avec l'envie d'aider.

« Je ne te lâcherais pas Alozjy. Quoique tu dises, quoique tu fasses. Je ne t'abandonnerais pas. Fais avec. » elle désirait ce qu'elle disait. Et il se laissa aller. Il lâcha les poignets d'Appoline. Ses yeux brûlaient comme les larmes menaçaient de tomber. Il les laissa faire. C'était un flot intarissable. Mais il pleurait en silence, son expression restait de marbre. Il n'y avait que les larmes. Est-ce que les monstres pleurent ? Non, les monstres n'ont jamais pleuré. Je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre. C'était un juste un petit garçon a qui on avait lâché la main dans la foule. Alors il s'était perdu. Alozjy fixa Appoline droit dans les yeux. « Aide moi. » deux mots. Mais deux mots qui voulaient tout dire. Un appel à l'aide, un cri dans le silence. Et il se laissa tomber à genoux, désemparé, vidé. Mort. Ses bras pendaient mollement contre lui. Épave, oublié, triste et silencieux. La violence pour unique arme.
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