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 end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.

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MessageSujet: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Dim 10 Juin - 13:02


La liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume.
Ses pas s'effaçaient sur le sable parce que la mer venait lécher avidement les traces déposées au sol. Il traînait sa carcasse maigre, son visage exprimant peu de chose. Il semblait fatigué. Il ne cherchait pas à savoir où il était arrivé, il se contentait d'être là et d'exister, de penser et de voir. Comme il l'avait toujours fait. La dépouille d'un navire dormait sur le sable humide. Alozjy vit en cet endroit son havre de violence. Là où il pourrait exprimer sa haine et faire saigner son cœur sans blesser personne d'autre. D'un pas rapide, un peu haletant, il se dirigea vers la vieille coque de bois. Il s'y glissa à l'intérieur, et la pluie commençait à s'écouler du ciel au dehors. Il gagna l'intérieur du bateau en marchant sur ses genoux, ignorant les échardes qui écorchaient ses mains pâles. Il frissonna parce qu'un froid étrange parcourait ses membres et l'engourdissait. Il sentait comme des présences autour de lui, qui venaient l'enlacer de leurs grandes mains spectrales, lui apportant un réconfort qui l'étouffait. Il sortit alors sur le pont du bateau et leva la tête vers les nuages gris. Des gouttes de pluie venaient s'écraser sur son visage, roulant sur ses joues et s'échouant sur son cou blanc. Il étendit les bras en croix et ferma les paupières, effleurant la liberté du bout des doigts.

Il savait ce que ça faisait d'être privé d'air, de n'avoir plus d'oxygène autour de soi, même pas une seule petite bouffée d'air pour alimenter les poumons gourmands. Il connaissait les inspirations douloureuse et l'appareil respiratoire qui s'enflamme. Les bras d'Alozjy retombèrent contre son corps et il se laissa tomber au sol, s'allongeant sur le pont humide, ses genoux remontés contre son torse. Il gémissait car il se souvenait de la brûlure. Il revoyait sa peau rouge. Des larmes de frustration coulèrent sur ses joues creuses. Son poing s'abattit sur le sol en bois. Il frappa encore et encore, jusqu’à ce que la peau de ses phalanges finisse par s'ouvrir. Un liquide poisseux s'échappa des plaies. Alozjy se redressa et observa le fruit de sa destruction. Un rire éraillé s'échappa de ses lèvres entrouvertes. Il essuya sa main sur son pantalon de toile et sur sa chemise, se barbouillant de rouge. C'était le triste portrait d'une désespoir que l'on pouvait voir. Ses cheveux étaient aplatis et mouillés par la pluie. Il s'en contrefichait. Il se moquait de tout, de lui comme des autres. Il vivait pour son malheur, c'était tout. C'était bien.
Fiche (c) Espe


Dernière édition par K. Alozjy Solokov le Mar 7 Aoû - 8:28, édité 1 fois
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la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien accepter

→ AGE IRL : 22
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WHERE IS MY MIND ?


FEUILLE DE ROUTE
Caractère: timide, intelligente, discrète, fragile, peu bavarde, triste, tenace, appliquée, douce-amère, délicate, dévouée, minutieuse, juste, acerbe, sensible, vigilante, ignorante, docile, introvertie, candide
Inventaire: l'ombrelle et l'éventail métallique

MessageSujet: Re: end ► la liberté au bout des doigts ► appoline.   Dim 10 Juin - 14:55

I want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again.

Une brise légère vint me fouetter au visage et des gouttes m'atterrirent dessus alors que je déambulais sur la plage de sable blanc, sans aucun autre but que découvrir un peu plus ce monde aussi fascinant qu'infâme. L'air marin m'emplit les narines avec ces effluves salées et son eau iodée. La mer est calme, douce, les vaguelettes s'écrasant paresseusement sur la plage pour se transformer en écume. Mais ce paysage est trop fade à mon goût. Ce bateau échoué sur la plage non loin de là m'intrigue beaucoup plus. Ou devrais-je dire plutôt cette épave. Du bois pourri avec des planches arrachés par endroit, sans doute les habitants de ce pays, irrespectueux de la beauté des choses, sont tout ce qu'il reste de ce navire qui -je n'en doute pas- fut jadis grand et majestueux. La pluie fine venait se déposer sur mes bras nus, me faisant frissonner. Je me faufila par la brèche dans la coque, pénétrant ainsi dans la cale du navire. L'endroit sans dessus-dessous, les sacs de ravitaillement entièrement vides, les coffres ouverts avec la moitié de leur contenu à terre. Tous ces bien avaient été ravagés dans le but de trouver une quelconque richesse à piller. Soudain, je sentis un courant d'air glacé dans mon dos. Personne n'était là mais je sentais une présence oppressante. L'atmosphère s'était considérablement refroidie et des râles quasi inaudibles retentissaient dans mes oreilles. Un fort sentiment de mal-à-l'aise vint se plonger dans le fin fond de ma chair tandis que je gelais jusqu'au os. Partir, il me faut partir. Mais cette ambiance me fascine. Un bruit sourd retentit, me faisant sortir de ma torpeur. Un autre, beaucoup plus fort, qui me fit sursauter, provenant du pont. S'en suivit un martèlement sans fin de plus en bruyant et... désespéré ? Hésitante, je monta les escaliers, retrouvant le doux toucher des gouttes de pluie. Devant moi, je vois un jeune garçon, couché au sol, tapant le bois de toute la force de ses poings. Quiconque aurait pu ressentir cette douleur, cette peine, cette colère qui émanait de son corps. Il s'arrêta, se releva et contempla ses mains rouges de sang. Il les essuya sur ses vêtements comme un enfant se débarrassant de la boue sur ses mains. Il était complètement trempé. Il avait triste allure. Mais sans doute étais-ce mon cas également. Mon ventre se crispa à la vision du jeune homme riant doucement, amèrement. « Alozjy... » Il se retourna subitement, plongeant ses yeux froids et inexpressifs dans mes yeux peinés. De la peine oui, mais pas de la pitié. Je ne me le permettrais jamais. Mais je ne supporte pas de voir quelqu'un de si jeune chercher sa propre peine, se délecter du chaos et de la souffrance. Je ne supporte pas de voir quelqu'un de si jeune ne pas sourire. Sourire pour de vrai et pas une pâle imitation qui suffit aux autres. « Tu ne mérites pas le châtiment que tu te fais subir » dis-je, fixant ses phalanges dont la peau est arrachée. Je m'avance, voulant prendre ses mains dans les miennes et soigner ces plaies profondes. Mais je m'arrête. A quoi bon, il n'acceptera aucune aide et continuera cette macabre mascarade. Faire du mal aux autres, à soi, c'est son plaisir. Sa seule joie dans son âme en peine. « Tu n'es pas un monstre. » Cette phrase, je l'avais déjà prononcé lors de notre première rencontre. Et je continuerais à la répéter autant qu'il faudra...