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 i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)

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je suis en enfer !

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MessageSujet: i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)   Mer 8 Aoû - 18:22


i love your skin cold as ice, i love your touch cold as ice,
i love every single tears you cry, i just love the way you're loosing your life.


C'est pénible de quitter son lit, encore plus lorsqu'on sait qu'on va mettre le pied dehors et se faire courser par une dizaine de bestioles, mais c'est la seule solution pour avoir un lit digne d'être appelé ''lit''. Ce qui est encore plus pénible c'est de se promener dans ce monde étrange, être sur la défensive constamment, chercher des endroits où être tranquille, penser à faire des stocks de nourriture. La survie. Et moi qui pensait qu'après la mort c'était la mort, point final, je me retrouve bien surpris. Après la mort, on te balance dans un monde avec des armes et des bestioles et on te demande de te débrouiller. Ca me dépasse, la mort est un sujet qui me dépasse. Elle vient, vicieuse, et prend tout ce qui lui chante comme bon lui semble, sous toutes les formes inimaginables. Déjà, si cet autre imbécile ne s'était pas retrouvé dans cet incendie, je serais certainement pas mort. Et bien que je dise ça, je le sens bien, ce cœur qui n'en fait qu'à sa tête et qui se serre un peu dans mon torse, qui me rappelle qu'il est là. J'ai envie de l'arracher et de le jeter au loin, le piétiner et ne jamais plus en parler. Mais ici, personne ne me comprends, personne ne m'aide. Sans doute parce que je n'ai croisé personne encore. C'est pitoyable, on dirait un ermite. Il est temps que je bouge, que je cherche s'il y a quelqu'un d'autre, si je suis le seul dans ce foutu monde. Si c'est le cas, je me demande bien ce que j'ai fais de mon vivant pour me retrouver là seul, sérieusement, j'ai été si chiant que ça ? Il faut s'approcher de la vie, des tables retournées, des champignons géants, des fleurs égocentriques, il faut aller là pour voir des gens, sans doute. Un souffle humain, un regard, un sourire, je suis prêt à tuer pour voir juste quelqu'un. De préférence une fille. Oublions ça.
Je marche entre les différents endroits que je ne connais pas, pour la plupart, et je sens mon cœur qui s'accélère. Je suis nerveux comme si j'allais réaliser un tour devant une foule de gens en sachant pertinemment que j'allais le foirer. Pourquoi ? Je fouille dans ma poche et glisse une cigarette entre mes lèvres pour l'allumer, mes yeux rivés devant moi. La fumée m'attaque les yeux et me pique violemment. C'est décidément pas le bon jour, j'aurais du rester couché. Sauf que voilà, j'ai plus rien à manger chez moi. Et mes pas m’amènent face à une énorme tour, certainement aussi grand qu'un chapiteau, pleine d'engrenages et d'aiguilles. On peut vraiment y monter ? Ca semble putain de dangereux, et j'aimerais pas mourir une deuxième fois. Stupidement en plus. Comme la première fois, ouais. J'ai beau plissé les yeux, j'arrive même pas à lire l'heure qui est inscrite, j'ai l'impression de l'avoir vue changer de quatre heures d'un coup, mais je dois être fou. Je crois même qu'elle a pas changé de place en fait. Ce monde me détruit le cerveau, je ne sais même plus raisonné comme il se doit, je sais même plus prendre cinq minutes calmement et réfléchir. J'ai oublié comment on faisait. Je me dis bien souvent que j'ai plus rien à perdre, ça me pousse trop souvent à faire de la merde. Comme là. J'ai décidé d'y grimper à cette tour, j'ai décidé d'aller tout en haut pour m'y asseoir. Pourquoi ? Je me dis que la vue là-bas doit être imprenable, que je dois bien trouver de la vie humaine comme ça. Mais je pense trop aussi. Si ça se trouve cet endroit va être lugubre, les arbres beaucoup trop haut, je vais rien y voir et j'aurais monté les escaliers pour rien, je vais être essoufflé en haut. Pour rien. C'est ça, en ce moment j'ai l'impression de tourner en rond et de ne jamais rien faire, de passer ma vie à ne rien faire. Rien. Le néant. J'ai le cœur vide.
Je monte les marches, ça fait ploc! d'un coup. J'ai marché dans un truc visqueux, rouge... C'est... D'accord, je me sens mal, ma chaussure est pleine de sang et je sais même pas d'où ça vient, je sais même pas si c'est devant ou derrière moi, je sais même pas à qui il est ce sang putain. Alors je monte les quelques marches qui me séparent du haut parce que je flippe quand même de me retrouver coincé dans les escaliers, surtout que je sais pas me servir de mes armes, ou du moins je les ai jamais utilisées. J'attends toujours mon fusil à pompe, moi. Mon cœur s'accélère, ma respiration aussi, je me dis que ça va me tomber sur la gueule à tout moment alors j'attrape le … mais qu'est ce que c'est en fait ? Un bâton ? Un cheval ? Un cheval bâton ? Un bâton cheval ? Je ne sais pas trop. J'attrape cette chose, au cas où je dois vraiment frapper quelqu'un et j'entre dans le clocher. Ce que je vois là, c'est inconcevable. Enfin, cette scène est fausse, vous voyez, un traquenard, une illusion, tout est faux. Le Pays des Merveilles se joue de moi, je dois devenir fou à force de ne plus voir les gens. Une tonne de cadavres de bestioles qui gît là, je me croirais limite dans un cimetière, ma cigarette toujours coincée entre mes lèvres. La cendre s'envole de elle-même, alors que mes yeux se plantent sur la silhouette qui se tient près de la fenêtre. J'ai envie de rire. D'ailleurs je le fais, c'est nerveux, je peux pas le retenir, j'aimerais que quelqu'un m'achève là. Je sais que c'est faux, que c'est pas possible, qu'on me joue des tours. C'est mon cerveau qui a besoin de Lui, pas moi, alors il crée des mirages. Ce n'est qu'une chimère. Timaël, devant moi, est une illusion. Je n'ose plus bouger, de peur de casser toute l'image, mes chaussures qui baignent dans le sang, mon bâton cheval à la main et mon regard résolument planter sur lui. J'ai envie de dire une grosse connerie, une belle merde, j'ai envie de fondre en larmes, j'ai envie de crier, j'ai envie de le tabasser. J'ai envie de tout envoyer en l'air. Non, lui ici c'est impossible, il est mort, il a prit feu, son corps entier à brûlé dans le chapiteau. Mais toi aussi tu étais mort. Je sursaute. Les mots ne veulent pas sortir, ils sont coincés dans ma gorge, ils tournent en rond, j'arrive même plus à faire une phrase correcte. J'ai peur de parler et de me rendre compte que j'ai mélangé le COD avec le verbe et le sujet avec la ponctuation. Il est plein de sang. L'odeur du brûlé me revient en mémoire. Ma gorge se serre, je vais vomir. « Tu me suis jusque dans ma mort, t'as décidé de me faire chier jusqu'au bout je vois. » C'est tout ce qui sort, rien d'autre ne veux.
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la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien accepter

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DOLLHOUSE
Tu perds la tête, tu déménages, tu travailles du chapeau, tu as les méninges en accordéon, tu as une araignée au plafond, tu as le timbre fêlé, tu ondules de la toiture, tu es bon pour le cabanon.


FEUILLE DE ROUTE
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MessageSujet: Re: i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)   Mer 8 Aoû - 19:24


❝ La vie entraîne des changements dont les résultats sont parfois explosifs, mais dans les feuilletons comme dans la vie, les big bang ont parfois une longue mise à feu. ❞

C'est le temps qui se barre en courant. Il file, puis se défile. Avance, puis recule. Un peu comme l'éternité, ça ne s'arrête jamais. Les gens appellent ça la mort, moi j'appelle ça peut-être une seconde chance. Mais, ce monde n'est qu'une imagination trop grande. Une gamine trop étrange qui s'imagine des choses improbables. Tomber en beauté, et se relever reste une tâche difficile. Ici, tu as le choix, soit tu restes dans ton état de mort et tu te fais avaler par la première bestiole qui passe. Ou bien, tu commences à te battre, à te déchainer sur une foule de chimères, une foule de monstres pour enfant. Se battre, ne pas se battre. Tout dépendra de la journée à vrai dire. Comme avancer dans le noir, ne pas savoir quel obstacle se trouve devant nous, une marche aveugle. Une deuxième chance, la dernière chance pour ceux qui veulent y croire encore. Est-ce que j'y crois ? Je n'en sais trop rien. Au fond, si je reste debout, c'est pour elle. Après tout, je suis mort une fois, pourquoi pas une deuxième ? Un simple plongeon du haut d'une falaise et l'affaire sera close. Mais, il faut le courage qui va avec, et pour tout dire, il ne veut pas pointer le bout de son nez. Autant continuer à rire, à pleurer, à sourire bêtement devant des roses narcissiques, des oiseaux trop colorés. Mais, il n'y a pas de que des bons côtés. Je pousse un soupir, mes pas me poussent à monter les escaliers, sans réellement réfléchir à ce qu'il peut y avoir là-haut. Des monstres, des bêtes, surement, encore et toujours. Un quotidien, oui, c'est presque ça. Mais au fond, on ne réussi jamais à réellement s'habituer à tout ça. Un bruit, un son, quelque chose de visqueux, une sale odeur de pétrole qui me grimpe dans les narines. Comme des gémissements rauques. Cartes en main, j'avance mais cette fois, bien plus lentement. Arrivé en haut, la porte tout juste ouvert, je vois des ... Des, j'en-sais-strictement-rien. Un tas noir, un masque de poupée sur le visage, quelque chose qui se brise facilement. Une carte, deux cartes, trois, quatre, cinq, six. Je ne compte même pas, elles partent sans que je m'en rendre réellement compte. Une bestiole réussi à survivre au coupant des cartes, elle se rapproche, moi je me recule. Allez bon sang ! Un, deux, trois, quatre, cinq, six. Je lance sans réellement viser et là, tout à coup, elle s'arrête de bouger. Explose sur elle-même. Une sale grimace se colle à mon visage. Une odeur de fer, une odeur qui commence à me rendre dingue. Du sang. C'est sale, c'est immonde et en plus impossible à enlever. Je déglutis, passe une main sur mon visage pour enlever une tâche au moins. Du dégoût. Je me retrouve alors dans cette salle, baisse les yeux vers les flaques au sol. C'est un carnage, une horreur et cette odeur ... J'ai cette boule qui commence à se former dans mon estomac et je me dirige vers la fenêtre. Ferme les yeux, toujours les cartes en main - au cas où. Tout à coup, une chaleur qui commence à envahir mon corps, comme si oui ... Le feu, c'est ça. Des plaies ? Non, des douleurs fantômes. Je n'ai aucune cicatrice, mais à l'intérieur, c'est autre chose. Parfois, j'ai l'impression de brûler encore dans ce chapiteau, j'ai l'impression de mourir à nouveau. Et pourtant, je suis plus ou moins en vie, ici. J'inspire un instant, tente de garder mon calme, ne pas hurler sous cette douleur pour le moment minime. Une nouvelle vie, oui, tu parles d'une belle vie. Au moins le passé reste derrière, il n'y a plus de visages que je voyais bien trop. Il n'y a plus ce fameux visage, ce reflet de miroir. Cette moitié. Je déglutis, commence à sentir mon coeur tambouriner contre ma poitrine. Ce ne sont que des souvenirs, les souvenirs, c'est derrière, il faut oublier, repartir d'un bon pied. Oublier bon dieu, ça doit pas être si compliqué, hein ? Le silence. Puis, des bruits de pas, une autre bestiole ? Je n'en sais trop rien et pour tout dire, j'ai tout sauf l'envie de me retourner, elle doit être loin pour le moment et si ça se trouve, elle repartira. De plus en plus près, la porte qui grince, puis, un rire.
Un violent frisson, un retour à la vie profondément mauvais.
Je fronce les sourcils, écarquille mes yeux. Non, non, je dois me tromper. Bien évidemment, surement la fatigue, ou alors un simple hasard ? Je tourne légèrement mon visage, pour pouvoir voir du coin de l'oeil, qui. Et là, c'est l'arrêt complet. Le temps se stoppe tout à coup, mes idées commencent à partir en vrille, mon coeur me fait mal, cette boule dans le ventre se met à grandir, d'une telle violence que j'aimerais juste pour le moment : disparaitre. Oui, ne plus être là, ou alors me faire tout petit. Par automatisme, je me met à serrer mes poings. Mauvaise idée, une carte réussi à me couper gentiment la paume - rien de bien méchant mais une injure s'échappe de mes lèvres contre mon grès. Non, non, s'il te plait disparait. Pas maintenant pas tout de suite, jamais. Tu es mort alors ? Ce prénom, ce fichu prénom. Raphaël, Raphaël. Des frissons, ce goût amer dans la bouche. A la vie, à la mort, c'était surement voulu. Oui, c'est ça. Au fond, quitte à être jumeaux, autant l'être jusqu'à la fin et même au recommencement. Qui parle d'un frère ? Juste un même visage, juste ça, rien que ça. Rien de plus, rien de moins. « Tu me suis jusque dans ma mort, t'as décidé de me faire chier jusqu'au bout je vois. » A cette phrase, je décide de me retourner. L'affronter à nouveau, celui du regard, celui qui tiendra le plus longtemps sans se jeter au cou de l'autre. Jusqu'à la mort de ce qu'ils disent. La mort pouvait être douce, mais là, elle prend une autre ampleur. Plus un amusement, une honte, un énervement. Une douleur. Raphaël, une plaie qui s'infecte dans mon coeur, dans mon âme, un énorme trou qu'il ne cesse d’agrandir au fil du temps. C'est un peu le sel et l'ouverture à la fois. Je ne sais pas si je dois rire ou hurler, pleurer ou bien me défiler. Allons bon, ce n'est pas lui qui va me tuer. Du moins, pas encore. Les cartes en main, je roule des yeux. Un bruit qui brise le silence : plic, ploc. Le liquide rouge qui glisse le long de mes doigts, jusqu'au sol qui se trouve lui aussi dans un état bien déplorable. « Raphaël le grand, mort ? Sérieusement ? » Rire sec en coin, pour tout dire, j'ai l'euphorie qui grimpe en moi, même un peu de nervosité. Mort comment ? Bêtement, ou un accident ? Trop d'idées qui me viennent en tête, j'imagine une chute bête contre le trottoir, la tête explosée. Oh, c'est affreux. Je le regarde de haut en bas, de bas en haut. Aucun changement, toujours le même. Après tout, on ne peut changer un reflet. Même mort, il reste le même, toujours ce sourire un peu étrange collé sur son visage, toujours ce regard qui fusille n'importe qui - en l’occurrence, moi. Je ramasse alors un masque oui, le visage de ces bestioles, entre les mains je le fixe durant un instant. « C'est le feu, hm ? Il t'a brûlé les entrailles ? » Mort durant l'incendie ? Bizarrement, je n'arrive pas tellement à croire ça. Non, non pas lui aussi, ce serait bien trop troublant. « Chute ? Noyade ? Maladie ? ... OH ! » Ce faux air du type étonné qui s'incruste sur mon visage, je relâche le masque. Il se brise, en mille morceaux. Comme toi et moi, un miroir cassé, un miroir qui ne vaut pas grand chose. « Suicide peut-être ? » Un suicide, comme si c'était possible. Mais quitte à jouer sur un terrain glissant, autant le faire jusqu'au bout, sans jamais faire gaffe à ce qui m'entoure. Allez on retourne à avant, on retourne à la vie, deux âmes qui se crachent à la figure, rigolent. T'aurais dû rester là-haut Raphaël, ici, c'est pas pour toi. Parce que je suis ici, parce que le pays des merveilles, oui, le mot merveille commence à changer. Prendre ce nom : horreur, malchance, souffrance. Et moi j'ai le coeur qui part en vrille, il claque contre mon torse à une vitesse folle. Disparait, vite. La mort, la paix, c'est une mauvaise équation, un résultat catastrophique.
Un visage, juste un visage.


Il fit glisser le rideaux de douche. La femme qui gisait dans la baignoire était morte depuis longtemps. Elle était toute gonflée et violacée et son ventre, ballonné par les gaz et ourlé de glace, émergeait de l'eau gelée comme une île de chairs livides. Elle fixait sur Danny des yeux vitreux, exorbités comme des billes.


Dernière édition par S. Timaël Angellier le Ven 10 Aoû - 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)   Jeu 9 Aoû - 19:22


i love your skin cold as ice, i love your touch cold as ice,
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C'est faux. C'est mon imagination qui me joue des tours, c'est tout le monde qui se fou de moi, c'est une illusion. Je suis seul dans ce putain de monde, je suis mort sans l'être, mais je refuse de croire que c'est pareil pour lui. Timaël est mort. Il a brûlé, devant mes yeux. Ca serait me rire en pleine gueule qu'il soit encore encore vivant. Comme si l'ironie s'acharnait sur moi, comme si c'était bien fait. J'ai envie de rire, ou de pleurer, je ne sais plus trop. C'est impossible. Alors je dois juste être devenu fou à force de ne voir personne, voilà. Je fume plus par nervosité qu'autre chose, mes yeux fixés sur Timaël. Ou son fantôme. Je ne sais pas vraiment. C'est pour tuer l'ennuie, pour tuer la solitude, je m'invente une chimère, un jouet. J'ai peur de m'en approcher, j'ai peur de faire un pas vers lui et voir l'illusion se briser, j'ai peur de tout voir s'envoler en fumée, j'ai peur de parler, et pourtant je le fais. Je ne sais pas pourquoi, c'est plus ironique qu'autre chose, je ne sais même plus ce que je fais. J'ai envie de cogner dans les murs. Je me sens pitoyable, face à mon petit frère, face à lui. Je tiens cette arme débile qui ne me serre à rien, et je tiens ma cigarette. Personne ne tiens mon cœur, alors je ne sais pas vraiment ce qu'il fait, j'ai décidé de ne plus l'écouter, il me rend fou. Timaël se retourne, et se sont ses yeux qui me transpercent d'un coup, ils me sondent, encore et encore, comme quand on étaient gosses. Ils cherchent sûrement mon cœur. Mais vous ne le trouverez pas, oh non, je l'ai bien dissimulé. Un bruit attire mon regard, j'ose enfin bouger, même si ce ne sont que mes yeux qui se posent sur sa main. C'est le bruit du sang qui tombe de sa main au sol. Il est blessé ? Ca me donne envie de vomir. Il ne peut pas être plein de sang, il ne peut pas, il a brûlé, il a prit feu d'un coup dans le chapiteau, il a brûlé en même temps que mon cœur. Et mes yeux me font mal, un mal de chien, ils piquent atrocement, et cette fois c'est pas la fumée dans l'oeil. Je papillonne des yeux, je lève mon regard vers le plafond pour inspirer doucement, reporte mon attention sur mon frère. Fallait que je me torture même avec mon imaginaire. Je vous disais que j'étais maso.
« Raphaël le grand, mort ? Sérieusement ? » Bien, au moins quand l'imaginaire ouvre la bouche, ça ne me déçois pas, c'est plutôt fidèle. C'est l'hallucination qui se joue de moi, qui se fou de ma gueule, j'ai trouvé un passe-temps : un fantôme pour m'enfoncer. C'est génial, j'ai envie d'éclater de rire, je me trouve tellement pathétique. Killing loneliness that turned my heart into a tomb. Oui c'est ça qui va vraiment me tuer en fait, moi qui me torture l'esprit avec mon frère mort. Mort, mort, mort. Je sais qu'il est mort, je l'ai vu brûlé, j'ai sentis l'odeur, je l'ai entendu crier. Non, hurler. Ce n'est pas lui devant moi. C'est une vision. « C'est le feu, hm ? Il t'a brûlé les entrailles ? Chute ? Noyade ? Maladie ? … OH ! » Mais ferme-la bon dieu, on a pas idées de parler autant, j'aurais du la faire muette cette vision bordel. Juste ses yeux. Ses terribles yeux qui me regardent, qui me dévisagent, qui me bouffent de l'intérieur. Le gwand, le tewwible Oz. Un frisson me prend alors que je ferme mes yeux, essaye de calmer les pulsations de mon cœur. Tiens, il a refait surface cet idiot ? Il aurait pu continuer à se la fermer, ça aurait été pareil. « Suicide peut-être ? » Mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines, je réouvre les yeux et le fusille sur place. J'ai envie de l'étrangler, j'ai envie de lui claquer la tête contre le mur, le pousser du haut de la fenêtre, mais à la place ce sont les ongles qui s'enfoncent dans la peau de ma main. J'ai jeté la cigarette par terre, elle ne me sert plus à rien au philtre, et mon arme encore moins, alors je l'ai rangée aussi .Je ne sais plus quoi faire, mon cœur est perdu, mon esprit est loin, beaucoup trop loin, il me fait voir des choses horribles que je ne voulais plus jamais voir. Si je suis mort, c'est un peu pour échapper à ces yeux là, non ? Et ce cri. Surtout ce cri. Mais à quoi bon s'acharner sur une hallucination ? Je deviens fou, putain, complètement taré, aliéné, siphonné, déjanté, déluré. Détraqué. Je me retiens de rire encore et encore, je trouve cette scène tellement pitoyable, je me laisse enfin à marcher, à faire un pas en avant. Si le mirage parle, c'est qu'il ne risque pas de s'effacer si facilement, n'est ce pas ? Je m'approche de la chimère, je tends mes doigts, j'ai peur de la voir disparaître. Je ne veux pas. Mes doigts effleurent une mèche brune, celle du jumeau, celle du reflet, celle du miroir brisé. « Qu'est ce que ça peux te faire. » C'est un murmure, je ne vais pas certainement pas lui dire comment je suis mort, que ce soit une illusion ou pas, il serait bien trop heureux. Je ne veux pas qu'il soit heureux. Pas tant que je ne le suis pas. Et le cœur qui bat un peu contre mon torse, peut-être qu'il essaye de me dire quelque chose ? … Ouais, saute par la fenêtre Raphaël, ça fera des vacances.
Sans prévenir, je glisse mes doigts sur sa main, frissonne au contact tellement il semble réel, et je me retiens de rire encore. C'est tellement nerveux, je suis tellement nerveux qu'on dirait que je vais exploser d'un coup, je vais prendre feu, je vais m'électrocuter. Ca va partir à un moment, c'est pas possible autrement. Je déplie sa main, je retire ces cartes qui coupent, qui font mal, je les jette au sol et j'observe la blessure. Comment il fait pour se blesser comme ça ? Je ne comprends pas vraiment. C'est un enfant, Timaël est un enfant, mais surtout une illusion. Voilà, j'éclate de rire, parce que je suis un pauvre idiot, que je suis tendax comme un tampax, et qu'il faut que je relâche tout ça. « Putain, cette illusion de merde elle est poussée super loin. J'ai avalé un champignon pas bon en chemin ou quoi ? Ou je deviens grave fou, ça doit être ça. » Je hausse les épaules, cherche dans ma poche un mouchoir et surtout cette sève de plante qui a désinfecté l'une de mes blessures au bras. Quel charmant petit monde. Eh, tu te rends compte que tu vas mettre de la sève sur la main d'une hallucination ? Histoire qu'il t'en reste plus après. J'essuie donc lentement le sang, applique la sève en continuant mon monologue, parce que je me parle plus à moi même qu'à Timaël en fait. J'ai pas envie de devenir complètement fou et lui parler à lui en fait. Je flippe un peu. « Je t'aurais bien claqué la gueule contre le mur, mais comme t'es qu'une illusion, je vais pas dépenser mon énergie pour rien. » J'ai envie de serrer sa main dans la mienne, le prendre dans mes bras et effacer à tout jamais ce hurlement de ma tête, j'aurais aimé le sauver. Et voilà que j'ai à nouveau envie de pleurer, ou de crier, je ne sais pas très bien. There's a side to me that you never knew.
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MessageSujet: Re: i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)   Ven 10 Aoû - 13:45


❝ La vie entraîne des changements dont les résultats sont parfois explosifs, mais dans les feuilletons comme dans la vie, les big bang ont parfois une longue mise à feu. ❞

Tic, tac, tic, tac,
Plic, ploc, plic, ploc.
Un silence, juste le silence. Dieu qu'il est bon à entendre. Juste le fixer et se faire bien du mal. Pourquoi est-il là hein ? Peut-être que le monde des vivants ne lui suffisait pas, il fallait qu'il vienne ici aussi me pourrir la vie. J'ai mal seigneur, qu'est-ce que j'ai mal. Ce noeud dans le ventre qui ne veut pas partir, les souvenirs lointains qui reviennent, c'est comme une claque dans la figure - mais surement en bien plus douloureux. Je veux juste me dire qu'il n'existe pas, mais, malheureusement, c'est bien trop saugrenu, même moi je ne peux y croire. Raphaël est mort, point barre. Maintenant ? J'aimerais me défiler, disparaitre à nouveau, comme dans un tour de magie, dire adieu à ce visage trop familier, à ce reflet dans le miroir. Dire adieu à tout et rien à la fois. Lance une carte, tranche lui la jugulaire et ce sera fini. De désagréables frissons me brûlent l'échine, je tire une grimace à cette pensée. Le tuer hein ? C'est vrai, il n'y a pas les forces de l'ordre ici. Mais, serais-je seulement capable de mettre fin à la vie d'un type que j'admirais étant gamin ? Vraiment ? Surement pas. Je fronce les sourcils, perdu dans mes idées. Disparait, s'il te plaît, c'est la fatigue tout ça, rien que la fatigue. Je peux pas, je veux pas. Déjà que de mon vivant, devoir l’apercevoir était difficile, mais là, c'est pire que tout. Il est mort bon dieu, mort. Un pas en avant, il s'approche, par automatisme, moi je recule d'un pas. N'essaie même pas, je ne veux pas de toi, je ne veux plus te voir. Disparait de ma vie, de ma mort, de tout. Tu n'es qu'un souvenir lointain, une plaie, quelque chose de profondément mauvais pour moi. Laisse moi en paix. J'ai envie de supplier, j'ai envie de pleurer. Mais, c'est vrai, à quoi bon se laisser aller ? Mais c'est mon coeur qui décide, pas moi. Il claque tangue, ne sait plus comment réagir, s'il doit imploser ou alors s'arrêter complètement. C'est un poison, quelque chose qui ne va pas avec moi. Deux morceaux de puzzle, qui n'arrivent pas à s'emboiter, deux aimants qui s'envoient valser de l'autre côté de la pièce. Je croyais que la mort pouvait être belle, mais l'est-elle vraiment quand un monstre d'enfant revient vous hanter ? Un vieux fantôme qui s'amuse à rigoler de vous, à vous dire : il t'obsède. Il se moque de moi, ne cesse de me rigoler à la figure et moi je reste là, sans réellement bouger, sans vraiment réaliser. C'est un mélange complexe dans ma pauvre tête, mes paroles se mélangent, mais je reste silencieux. Pincez-moi, je rêve. Raphaël était caché tout ce temps, il a attendu le moment propice, le fameux moment où de toute manière : la fuite est impossible. C'est pour mieux te faire souffrir mon enfant, pour mieux te faire pleurer le soir. « Qu'est ce que ça peux te faire. » Aucune réponse suite à ça, c'est vrai ? Pourquoi s'intéresser à lui dites-moi ? Pourquoi je me butte à vouloir savoir ça ? Après tout, je n'ai plus rien en commun avec lui, c'est vrai. Juste le visage, juste des expressions qui se ressemblent, mais rien de plus. Ce n'est pas mon frère. Juste deux personnes qui se ressemblent trop, qui apprécient se faire du mal et qui au fond : veulent juste se sauter dans les bras. Mais quelque chose bloque dans l'histoire, quelque chose déconne, un rouage commence à se rouiller.
C'est toi, c'est moi,
C'est nous deux Raphaël.

Il prend ma main blessée et j'écarquille les yeux. Une sensation presque agréable, une chaleur simple mais qui peut vouloir tout dire. J'hésite à lui renvoyer sa main dans la figure ou bien ne rien faire, le laisser partir dans son délire. Mes yeux se lèvent vers les siens. Verts, verts, ils sont verts. Par automatisme, je pince ma lèvre inférieure, puis détourne le regard. Son rire se met à résonner dans la pièce tout à coup. Tout commence à me revenir, des images, des sourires, quand tout était bien, oui, avant. Quand il s'en fichait qu'on hurle : les jumeaux. Parce que avons, nous n'étions qu'une personne. Maintenant ? Deux personnes, bien trop différentes, qui préfèrent se lancer les pires paroles au monde que de s'avouer la vérité. Deux personnes qui ne veulent plus sourire comme avant, qui ne veulent plus revenir en arrière. La personne entière d'avant, c'est une personne oubliée. Juste une chimère, un rêve qui se répète tout le temps. C'est la fatalité qui rigole de tout ça, la fatalité qui nous pousse à nous dire : vous êtes mieux séparés. Mieux, pas mieux, de toute façon, la plaie continue à saigner, avec abondance. Depuis des années. Le piano qui résonne, les larmes qui coulent, l'incompréhension. Avant tout ça, tout pouvait se dire en un regard, et maintenant ? Il n'y a plus que du vide que je vois dans ses yeux, plus qu'une personne que je ne connais pas. Un inconnu. « Putain, cette illusion de merde elle est poussée super loin. J'ai avalé un champignon pas bon en chemin ou quoi ? Ou je deviens grave fou, ça doit être ça. » Même lui ne veut pas y croire, même lui ne veut pas se douter que tout ça, ici, c'est le pays des morts, le pays des âmes perdues. Une illusion, j'aimerais tant en être une, pouvoir disparaitre et apparaitre quand bon me chante. Oui, ne plus exister, être là quand il faut, quand ça plait à tout le monde. Je détourne juste les yeux, le laisse s'amuser avec ce sang qui dégouline de la paume de ma main. Une blessure en plus ou en moins, de toute manière : j'ai brûlé. Et je brûle toujours de l'intérieur, y'a toujours ce hurlement qui veut faire place, cette douleur immense qui me tiraille. « Je t'aurais bien claqué la gueule contre le mur, mais comme t'es qu'une illusion, je vais pas dépenser mon énergie pour rien. » Je fronce mes sourcils, sent ma main se crisper tout à coup. Oui, il y croit vraiment. Il croit être quelque part chez lui, dans un mauvais délire avec des types autour qui ne valent pas mieux. Il n'a jamais aimé la réalité le pauvre Raphaël, il n'a jamais aimé se retrouver face au soucis. Non, lui il préférait se défiler, un peu comme un lâche. Mais, il n'hésitait pas à faire un sale coup par derrière. Des cendres qui volent, des coups qui s'envoient. Il s'amuse à faire passer quelque chose sur la blessure, je n'ai pas la moindre idée de ce que ça peut être. Mais, j'entends mon coeur claquer dans mes oreilles. La haine ? Allez savoir, c'est bien trop pour moi, bien trop pour une tête trop pensante. Il n'y a qu'une déduction à faire. « Je suis mort Raphaël. Tu es mort. NOUS SOMMES MORTS. » Le ton grimpe d'un coup, moi qui d'habitude ne me laisse pas aller, et bien il se trouve qu'il est le seul à pouvoir me mettre dans un état pareil. Nous sommes morts, tout les deux. Peut-être dans l'incendie hein ? Peut-être au même moment que moi ? Ou bien une chute, ou alors un meurtre ? Bizarrement, cette idée me déplait, je ne sais pas pourquoi, je devrais me dire : il est mort, bien fait pour lui. Mais, à la place, il y a ce mal être intérieur qui me pousse à voir un cercueil, une tombe. Mais, il est là bon dieu, il est là, ici face à moi. Il aurait pu vivre bien plus longtemps, devenir un célèbre pianiste, vivre sa vie tranquillement, parce que moi je ne serais plus là. Plus qu'un souvenir lointain, une tâche sur son beau tableau de la vie parfaite. Je fixe ma main un instant avant de l'enlever d'un coup sec, je me baisse pour rattraper mes cartes baignant dans le sang, je glisse tout ça dans ma poche avant de lever ma tête vers le plafond. « Je suis réel. Trop réel pour toi peut-être. Je suis pas une illusion, je peux pas venir et partir comme bon me semble. Je suis mort, brûlé vif et je me suis retrouvé ici. Je suis, affreusement réel. » Pour ton désenchantement mon frère, pour ne pas te ravir, bien évidemment. Je pose un instant mes yeux sur les rouages qui nous entourent, ils tournent à l'unisson, nous narguent gentiment, comme pour nous dire : ce ne sera jamais ainsi. Continuez de rêver les Angellier, mais vous n'y croyez plus de toute façon. Et rêver c'est pour ceux qui veulent y croire. Je déglutis, recule à nouveau d'un pas jusqu'à me cogner au bord de la fenêtre. Mes mains se posent dessus, le vent claque contre mon dos. « Dis-moi, est-ce qu'une hallucination peut pisser le sang comme ça hm ? Est-ce que tu peux en toucher une ? Une illusion, voyons, c'est choisir la facilité. » Mots sifflés entre mes dents, je fixe une flaque de sang. Elle est immonde, difforme et j'ai toujours cette odeur qui me fait défaillir. Du sang, du sang. Je suis bien loin du cyanure, bien loin de la vie d'avant. Souviens-toi Raphaël, avant, quand tout était bien, quand tout était trop idyllique. Il a fallu que tu brises tout ça.
Quand tout parait tout parfait, il y a toujours quelqu'un pour gribouiller le tableau,
Le foutre en l'air. Raphaël, Timaël,
Juste nos deux prénoms qui résonnent, comme deux mauvais rêves.


Il fit glisser le rideaux de douche. La femme qui gisait dans la baignoire était morte depuis longtemps. Elle était toute gonflée et violacée et son ventre, ballonné par les gaz et ourlé de glace, émergeait de l'eau gelée comme une île de chairs livides. Elle fixait sur Danny des yeux vitreux, exorbités comme des billes.
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MessageSujet: Re: i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)   Mar 14 Aoû - 12:34


i love your skin cold as ice, i love your touch cold as ice,
i love every single tears you cry, i just love the way you're loosing your life.


C'est le temps qui s'est arrêté, c'est presque comme si je n'entendais plus l'horloge. Ca donne un côté tellement dramatique à cette scène, putain. Le sang, l'horloge, Timaël. C'est n'importe quoi. J'aimerais pouvoir m'échapper, partir d'ici, ou alors mourir pour de bon. Mais je suis trop lâche. Ici la mort semble douloureuse, ici il faut s'arracher le cœur, crier à plein poumons, enfoncer sa tête dans l'eau. Je ne peux pas faire tout ça, ça me terrorise trop. Mais ça aussi ça me fait flipper, cette silhouette devant moi, cette personne. Mirage ou pas. J'ai peur. Je ne sais même pas comment faire, je sais que si je tente de m'échapper, tout va revenir au triple galops. Padam, padam, il est derrière moi. C'est que je n'arriverais jamais à échapper à la culpabilité, jamais je ne pourrais me sortir de la tête ce cri, ce foutu hurlement qui me réveille encore des fois la nuit. Impossible de l'étouffer, condamner à vivre avec, encore et encore. J'aurais aimé brûler dans cet incendie aussi, comme ça plus de remords, plus rien qui me prend aux tripes dès le réveil, à croire que c'est de ma faute, à croire que c'est moi qui l'ai poussé dans ce feu. Mais putain, oui c'est moi, c'est moi qui ai commencé avec sa foutue poupée. C'est moi qui ai détraqué mon frère, c'est moi qui lui ai dit de partir dans cet incendie. C'est de ma faute. J'ai envie de vomir. Et je me rappelle, bêtement, comme si tout les souvenirs avaient décidés de venir d'un coup. Devoir reconnaître les corps, devoir nettoyer tout ça, devoir marcher à travers les cendres... Les pleurs aussi. Partout, ils s'élevaient de partout, ils faisaient froid dans le dos, ils étaient insoutenables. Marcher au milieu de tout ça et se sentir... casser. Devoir ramasser les quelques souvenirs, les photos, tout. Il a brûlé avec sa poupée. J'ai tellement ris en voyant ça, tellement pleurer, c'était comme sentir son esprit tomber. C'était sans doute ça, devenir fou. « Je suis mort Raphaël. Tu es mort. NOUS SOMMES MORTS. » Je sursaute presque, plus habitué à sa voix, plus habitué à l'entendre me hurler dessus. Mon cœur s'élance dans ma poitrine comme s'il se jetait du haut d'une falaise, il revit. Un souffle de vie, doucement, insufflé dans mon cœur. J'ai envie de rire, j'ai beaucoup envie de rire depuis qu'il est mort, c'est la nervosité, c'est la folie, c'est quelque chose, je sais plus quoi. Je crois que je suis cassé. J'aimerais lui répondre, lui hurler quelque chose, mais rien ne vient, comme si on avait volé ma voix pour en faire n'importe quoi... Je suis sûr que dans deux secondes je l'envoie chier sans le vouloir. C'est peu dire que j'suis déréglé.
« Je suis réel. Trop réel pour toi peut-être. Je suis pas une illusion, je peux pas venir et partir comme bon me semble. Je suis mort, brûlé vif et je me suis retrouvé ici. Je suis, affreusement réel. Dis-moi, est-ce qu'une hallucination peut pisser le sang comme ça hm ? Est-ce que tu peux en toucher une ? Une illusion, voyons, c'est choisir la facilité. » Il me crache la vérité, celle que j'essaye de me dissimuler, il me la lance sans ménagement, il s'en fou de me briser encore plus, il sait pas lui, il sait pas comment ça tourne dans ma tête, comment mon cœur fonctionne maintenant. On a prit mon ancien cœur en bois et on l'a jeté, on l'a remplacé par un plus complexe, plus étrange, il ne bat plus comme avant, ne réagit plus comme je le voudrais. Il n'y a plus rien qui marche ici. Il n'y a plus rien qui fonctionne. Je crois que c'est ce monde, il est parfait pour moi, il est déréglé lui aussi. Finalement, je vais peut-être m'y plaire. A condition de ne plus le recroiser. D'ailleurs, je m'éloigne de Timaël. Un pas, puis deux. Je ne veux plus rien avoir à faire à ses côtés, je ne veux plus m'en approcher. Oui la terrible vérité, un terrible cauchemars, les monstres sortent de l'ombre et viennent me dévorer. Je suis censé rester fier et fort, droit, sans bouger, et j'ai qu'une envie c'est de me rouler par terre en pleurant, en criant, en devenant fou. Tant pis. Sinon c'est le serrer dans mes bras, être fort à deux. Mais rien n'y fait. Les regrets, les regrets, les regrets. Il n'y a qu'eux qui me font vivre, c'est eux qui commandent le corps mort. Tu vois, c'est pour me faire revivre ce putain de moment encore et encore. Le feu, la chaleur, le hurlement, le noir. Encore, et encore. C'est sur répète. C'est bloqué sur répète. Je ne sais plus quoi faire, oh Timaël, par pitié, aide-moi juste un petit peu... And it's hard to dance with a devil on your back, so shake him off. Je choisis toujours la facilité, je n'ai plus la force de faire quoi que ce soit, de virer ce démon qui me nargue, alors j'essaye de me cacher la vérité. J'essayais. Mais tu viens tout démolir, avec tes grands yeux bleux. Putain, tes yeux, tes yeux, ils vont me dévorer, je les vois. Ils veulent m'engloutir, ils veulent tout connaître, ils me transpercent sans arrêt. Je veux m'enfuir. Je veux frapper dans le mur, je veux me faire exploser la cervelle. Ca serait mieux comme ça. Mais je bouge pas, je le regarde, je n'arrive plus à bouger. Quelqu'un me retient là, et je crois savoir qui, je crois savoir comment. Les yeux, les yeux, ils me fixent, ne me lâchent plus. No light, no light in your bright blue eyes.
Il faut que je me reprenne, je ne peux pas le laisser prendre le dessus comme ça. Je parais tellement désintéressé, je me foutrais des claques. Mes poings se serre un peu. Il me fait chier lui aussi, j'en ai marre, j'ai envie de lui taper dessus, mais je sais pas frapper, alors je sais plus quoi faire. Je sais crier, je sais faire mal avec les mots, je sais être en colère. Oh oui, la colère, elle parcourt tout mon corps, s'amuse à glisser sur ma langue, elle veut sortir et faire mal, elle en a jamais assez. Elle fait mal deux fois, une fois chez moi, une fois chez lui, et elle est contente. « Putain, mais oui, j'avais pas encore compris que t'étais mort c'est vrai, j'avais pas compris ça quand je t'ai entendu hurler dans ce chapiteau... et moi qui pensais que tu faisais une partie de cartes avec ta charmante poupée et qu'elle te mettait la misère, je suis vraiment navré mon cher frère. » C'est si compliqué de se prendre dans les bras et de se la fermer cinq minutes ? Rien ne répond, ni les bras, ni les jambes, encore moins la langue. Lancée, dictée par la colère, elle parle, crache son venim, mon cœur s'écrase violemment contre mon torse, j'étouffe. Ca semble déranger personne. Moi je prie pour faire un infarctus. « Tu devrais être une illusion, ça t'irais beaucoup mieux que de te trimbaler dans ce monde plein de bestioles, de cartes qui coupent, et de mains qui pissent le sang. C'est pas un monde pour jouer à la dînette, t'aurais du mourir pour de bon dans cet incendie. Et puis merde, tu continue à gâcher mon existence, moi qui pensais me débarrasser de toi, je te retrouve dans ma mort, si c'est ça l'enfer, c'est bien réussit. » Tu vois, je peux pas calculer ce que je dis, ça sort tout seul, ça te transperce aussi bien que tes cartes là. De toute manière je peux pas dire ce que je pense, je ne pense plus rien. Je crois que si cet imbécile à cramer dans le chapiteau, moi c'est mon cerveau qui a cramé ce jour là. Je ressens plus rien, je suis mort de l'intérieur, même dans ce monde où on revit, moi je continue à être mort.
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Tu perds la tête, tu déménages, tu travailles du chapeau, tu as les méninges en accordéon, tu as une araignée au plafond, tu as le timbre fêlé, tu ondules de la toiture, tu es bon pour le cabanon.


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MessageSujet: Re: i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)   Jeu 16 Aoû - 11:45


❝ La vie entraîne des changements dont les résultats sont parfois explosifs, mais dans les feuilletons comme dans la vie, les big bang ont parfois une longue mise à feu. ❞

Et un jour tu brûleras en enfer, c'est écrit. Un jour tout tomberas, ton chapiteau s'écroulera et toi tu brûleras. C'était écrit, c'était voulu. Tout ça, Raphaël ici, moi coincé là. Le murmure des morts qui nous entoure, le sang qui monte au nez. Un spectacle bien macabre, quoi que comique à sa manière. Le regarder, le fixer, serrer les dents un peu plus. Se sentir défaillir, comme une pulsion mauvaise. Une petite voix dans la tête qui ajoute : achève-le. Si seulement c'était possible, si seulement j'en avais le courage. Tuer son propre frère par haine commune, quoi de plus simple ? Et pourtant, simplicité n'est pas Angellier. Il y aura toujours quelque chose pour ne pas faire marcher les choses correctement, un rouage en trop, et impossible à l'enlever. De la peine, de la haine, un peu de trop ici et là. Une explosion dans ma tête, dans mon corps, dans mon âme. Allez bon Raphaël, si tu tiens tellement à ne plus me voir, essaie de me pousser, me faire tomber. Si je meurs, tu auras la preuve formelle que je suis réel et si je suis encore en vie, je ne pourrais que sourire devant tes accusations. Une illusion. Un mauvais rêve. Pays des merveilles se transforme en cauchemar. J'ai envie de rire, envie de pleurer, envie de taper ma tête contre un mur. Trop de choses, Raphaël tu me rends dingue. Un type taré qui commence à perdre le contrôle de lui-même. Raphaël. Dis-moi grand frère, pourquoi ceci, pourquoi cela. Pourquoi la vie a voulu que nous ayons le même visage, pourquoi la vie a voulu que tu meurs en même temps - ou après moi. Le lien des jumeaux, un lien peut-être trop puissant. Ils disent à la vie, à la mort. Et moi je murmure, à la mort seulement à la mort. La vie, n'était qu'éphémère, la vie ne voulait rien dire à ses côtés. La vie était morne, fade et macabre. Il s'amusait de ceci, de cela. Humoriste de mauvais goût, plaisir malsain à faire du mal aux autres. Certains parlent de frustration, moi je préfère me dire que maman nous a raté. Que quelque chose a déconné à l'intérieur de son ventre, et que les choses étaient ainsi, bien avant la naissance. Il y a une raison à tout, une raison qui nous pousse à faire les pires horreurs. Raphaël, Timaël Angellier. Les jumeaux maudits, les jumeaux mal barrés. Une guerre constante avec un couteau dans la main, qui se nomme : les mots. Se le planter dans la peau, jusqu'à la moelle. Se faire hurler, se torturer l'esprit jusqu'à mort subite. Mais, la mort, la mort est douce comparée à la vision de Raphaël. Comparée aux souvenirs, aux gestes et tout ce qui s'en suit. La paix éternelle n'existe pas, n'existe plus. Dans les tripes de l'enfer, nous sommes au coeur du mal, au coeur du mauvais. Tu brûleras en enfer. Condamnés à devoir se supporter, devoir se voir, s'entendre, jusqu'à la fin complète. Jusqu'au noir, au tunnel sans fin. Mourir seul, mourir à deux malheureusement. Il s'éloigne, commence à reculer. Attention Raphaël, tu risques de tomber dans l'escalier. Un sourire mesquin, presque mauvais s'accroche à mon visage, comme une mauvaise blague. Mais, elle ne fait pas rire, elle fait mal, attaque directement à la jugulaire. Comme un animal. Je roule des yeux, j'ai envie de rire seigneur. Oh oui, un rire débarquant du plus profond de mon être, de mes envies les plus sordides. L'euphorie grimpe, grimpe. Stop Timaël, tu vas pas flancher devant lui hein ? Je pince ma lèvre inférieure, hausse les sourcils. Raphaël va se laisser aller, oui, je sentirais presque son coeur battre à tout rompre contre sa poitrine.
Dans la vie, il était mon bourreau, et maintenant ? Les rôles changent.
Chacun son domaine, lui c'était la vie, moi c'était la mort. Je suis mort par soucis de ne pas assez en voir de la vie, lui est mort parce qu'il vivait trop. Vivre, mourir. Une corde, du poison, une noyade, un incendie. La mort, c'est triste et macabre, la mort ça fait mal par où ça peut passer. Et maintenant ? Où sont les anges, où sont les démons ? Ils se cachent, attendent la deuxième mort. Ici, ce sont les limbes, là où tout sera décidé au moment du second décès. En bas, ou en haut. En haut ou en bas ? Dis-moi mon frère, est-ce que tu sauras te relever ou est-ce que tu tomberas ? « Putain, mais oui, j'avais pas encore compris que t'étais mort c'est vrai, j'avais pas compris ça quand je t'ai entendu hurler dans ce chapiteau... et moi qui pensais que tu faisais une partie de cartes avec ta charmante poupée et qu'elle te mettait la misère, je suis vraiment navré mon cher frère. » Hurler, toujours plus fort. Le feu qui ronge la peau, les muscles, les os. Absolument tout. Avec surement une odeur de chaire brûlée. Quel spectacle. Et pourtant, est-ce que je devrais regretter ? Loin de là. Oh Raphaël, as-tu souffert à ce moment ? Oui, celui précisément où j'ai hurlé à l'agonie. Un frisson ? Une impression désagréable dans les jambes ? Non ? As-tu rigolé ou pleuré ? Trop de questions, pas de réponses. Les mots me frappent au coeur, mais pour tout dire, la douleur de d'habitude, celle qui transperce, celle qui fait pleurer, elle n'est plus là. Plus exactement. « Tu devrais être une illusion, ça t'irais beaucoup mieux que de te trimbaler dans ce monde plein de bestioles, de cartes qui coupent, et de mains qui pissent le sang. C'est pas un monde pour jouer à la dînette, t'aurais du mourir pour de bon dans cet incendie. Et puis merde, tu continue à gâcher mon existence, moi qui pensais me débarrasser de toi, je te retrouve dans ma mort, si c'est ça l'enfer, c'est bien réussit. » Je roule des yeux, glisse mes mains dans mes poches, l'air de rien. Puis, un pas en avant, un autre, puis encore un autre. Face à face. Un miroir qui ricane, un miroir qui tombe, se brise. Des yeux qui se tuent entre eux. Ils sont verts, verts, verts. La seule différence, seulement les yeux. La fenêtre vers l'âme. As-tu seulement une âme Raphaël ? Je le fixe, me met à le détailler. Rire sec en coin de lèvres. « Qui parle de jouer ? Hm ? » C'est un jeu ? Ah oui ? Alors un jeu bien dangereux. Celui de se courir après, le chasseur et l'animal chassé. Son rôle, qui veut-il incarner ? Celui qui a peur et se barre en courant, ou celui qui s'amuse du malheur des autres ? « Un jeu dangereux dans ce cas. Tu tires une carte, et selon le résultat : tu peux continuer à vivre, ou pas. Tu ne sais pas à quel jeu je joue, tu ne sais strictement rien. » Prend une carte et scelle ton destin mon frère. Auras-tu la bonne grâce d'Alice ? Peut-être pas. Tu ne sais pas, tu ne sais rien. Ma vie en dehors du cirque, ma vie en dehors de toi, des Angellier. Les poupées chiffons, les poupées cartons. Les filles tuées, les filles assassinées. Tueur au cyanure parait-il. Quel nom vulgaire, quel nom ... mauvais. J'aurais préféré le ventriloque au cyanure, ç'aurait été plus théâtrale. « Les règles sont étranges ici. Tu ne peux pas gagner, tu ne peux que perdre. Un peu comme, pile tu meurs, face je te tue. » Jouer comme les grands, s'amuser comme un adultes à un jeu d'enfants. Je recule d'un pas, change de direction et me dirige vers cette porte grinçante, cette porte qui hurle à s'en crever les cordes vocales. Plus un regard, plus rien, je suis de dos pour lui. Quand commencera le jeu dis-moi ? Qui réussira à se piéger ? C'est un jeu, alors très bien. Juste un jeu, rien qu'un jeu. Il y a les pions, et les autres. Ma main blessée se glisse sur le bois qui commence à pourrir, à partir en vrille. Je ne bouge plus, n'arrive plus à complètement réagir, j'attends juste sa réaction. Tu es la fin Raphaël, la fin de tout.


Il fit glisser le rideaux de douche. La femme qui gisait dans la baignoire était morte depuis longtemps. Elle était toute gonflée et violacée et son ventre, ballonné par les gaz et ourlé de glace, émergeait de l'eau gelée comme une île de chairs livides. Elle fixait sur Danny des yeux vitreux, exorbités comme des billes.
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MessageSujet: Re: i adore the despair in your eyes. (TIMAËL + RAPHAËL)   Jeu 16 Aoû - 14:00


i love your skin cold as ice, i love your touch cold as ice,
i love every single tears you cry, i just love the way you're loosing your life.


Je ne sais toujours pas si ce monde me plaît ou me donne envie de m'enfuir en courant. Je suis coincé dans ce désastre, dans ce monde chimérique, crée de toute pièce par une petite fille à la tête retournée. Si ce monde est inventé, c'est que nous aussi, nous ne sommes pas vraiment là. Ce n'est que notre âme, nous ne sommes que de la fiction, autant lui que moi, c'est un monde crée pour nous mettre le cerveau à l'envers. Si tu tournes à gauche, tu continuera à droite, si tu veux descendre, il faut que tu monte. Personne pour nous aider. Et moi je n'arrive pas à me retrouver au milieu de tout ça, je n'existe plus, je ne suis plus qu'une âme errante, un corps mort, je n'aspire plus vraiment à grand chose, je me demande encore pourquoi je suis là. J'aurais préféré n'être plus rien pour avoir enfin l'esprit en repos. A croire que c'est trop demander. Je n'ai pas de repos, tant pis pour ma gueule, c'est que je le méritais sûrement. Je devais être horrible avant, c'est sans doute ça. Et c'est comme si son regard ne pouvait se détacher du mien, ou inversement, c'est comme si on avait besoin de ce contact. Mais je ne veux plus de ces yeux, je ne veux plus qu'il me regarde comme ça, je ne veux plus le voir, je ne veux plus. Le pire dans tout ça c'est qu'il a osé m'abandonner, et que je n'ai pas réussis à m'en sortir. Je suis mort d'amour, d'un amour que je ne m'avoue pas, d'un amour trop malsain, d'un amour qui fait mal. Mon cœur ne bat pas parce qu'il est heureux mais parce qu'il a peur, il bat plus vite parce qu'il cherche à s'échapper d'ici. Mon cœur est en carton, c'est un faux cœur, une grande mascarade. J'ai l'impression que lorsque Timaël a brûlé, mon cœur a changé, comme s'il était temps que je me rende compte de certaines choses. Mais je ne veux pas de tout ça moi, je l'ai dis, je veux arracher mon cœur, le jeter contre le mur et interdire quiconque d'aller le chercher. Je ne veux plus de tout ça, je suis fatigué. Et c'est sans doute ça qui réveille la folie au fond, la colère, celle qui parle, celle qui prend possession. Je n'aurais pas voulu dire tout ça, certainement parce que je ne peux plus penser, ce n'est pas moi qui parle, c'est quelqu'un d'autre. Je ne suis plus qu'une marionnette. La poupée du ventriloque. Je suis devenu n'importe quoi. La seule chose que je sais, la seule question qui tourne dans ma tête et qui me brûle la langue depuis toujours, depuis l'incendie, c'est de savoir ce qu'il a pensé lui quand il a brûlé. Lorsque le feu a commencé à le dévorer, est-ce-qu'il était encore trop préoccupé par sa foutue poupée ou il a pensé à moi une fraction de seconde ? J'ai peur de la réponse. Et mon cœur qui bat de cet horrible amour s'accélère un peu plus. Lui aussi a peur.
Il s'approche, fais deux pas, peut-être trois, et je tremble, recule d'un pas. Je ne veux pas qu'il m'approche, je ne veux plus entendre parler de lui, sinon je ne me retiendrais pas de le jeter par cette fenêtre qui me nargue depuis que je suis arrivé. Au moins il serait vraiment mort, et moi pas mort pour rien. Oui, j'ai l'impression d'être mort pour rien, j'ai l'impression qu'on m'a mentit, j'en viens même à penser que c'est un piège de Timaël. Si vous saviez comment je me sens con depuis que j'ai recroise ses yeux. Bleus. Ils sont bleus. Ils sont la différence. J'ai jamais eu l'envie de fumer autant qu'en cet instant, c'est que ça me démange, moi je sens mon cœur se serrer, je suis prêt à étouffer, il faut que je m'occupe, que je calme mes nerfs. J'ai toujours l'air aussi désintéressé, comme si je parlais à un étranger, mais je le remarque même pas. Je prends mon paquet, une cigarette, le range, prend le briquet, le regarde un peu avant de l’actionner. La flamme. J'ai envie de tout envoyer en l'air, j'essaye de me calmer, mais mon regard tombe à nouveau sur Timaël, alors je comprends. J'ai envie de hurler. « Qui parle de jouer ? Hm ? » Non, tais-toi, je n'ai plus envie d'entendre ta voix, plus envie de croiser ton regard, plus envie de t'écouter, plus envie de te regarder non plus. Je veux juste partir d'ici et retourner me coucher, comme si tout ça n'était qu'un rêve, une hallucination trop poussé. Je cherche la facilité ? Oui, mais je ne peux me résoudre à te retrouver ici, je ne peux me résoudre à croire que tu es vivant. Vivant après la mort, entre les deux, comme sur un fil. Je ne peux croire que j'ai fini par te retrouver, au final. « Un jeu dangereux dans ce cas. Tu tires une carte, et selon le résultat : tu peux continuer à vivre, ou pas. Tu ne sais pas à quel jeu je joue, tu ne sais strictement rien. » Est ce que c'est le moment de lui dire que je m'en fiche bien de ce qu'il fait, que c'est sans doute la dernière fois que je le croise parce que je suis prêt à tout pour mettre de la distance entre lui et moi, quitte à mourir une deuxième fois. Je n'ai pas demandé à être ici, je ne sais pas pourquoi Alice a voulu que je sois là, alors qu'elle me tue ou qu'elle me garde, je n'en ai que faire. Ce monde est stupide, il ne sert à rien, à part à se torturer encore plus. Je ne suis pas masochiste, je n'ai pas du tout envie de rester ici. « Les règles sont étranges ici. Tu ne peux pas gagner, tu ne peux que perdre. Un peu comme, pile tu meurs, face je te tue. » Je ris, tellement, je n'arrive pas à m'arrêter, ça doit être nerveux, mais il me fait rire Timaël, il se croit maître de ce monde ou ça se passe comment ? Parce qu'il me fait bien rire. Il devrait trouver une autre occupation que de jouer son grand mégalomane. Je porte ma cigarette à mes lèvres, tire dessus, nerveusement, et je me recule un peu pour le laisser passer, pour qu'il fasse je ne sais quoi, pour qu'il prenne la fuite sans doute. Oh non mon cher frère, tu ne vas pas t'enfuir comme ça, tu ne vas pas me traiter de lâche et après t'enfuir sur de ''jolies paroles''.
Mais Timaël ne part pas, Timaël reste devant cette porte. Il attend quoi ? Il me cherche vraiment, quelque part, c'est comme s'il me forçait à être méchant, c'est comme s'il attendait que je le poignarde. Ses mots sont du poison, ils glissent sur mon corps, j'ai l'impression qu'un serpent vient de me mordre violemment au niveau du cœur. J'ai mal, sans doute oui, j'ai une sensation d'étouffement dans mon torse. Mais j'ai pas envie de rester comme ça, j'ai envie d'entrer dans son jeu, j'ai envie de répondre, j'ai envie qu'on souffre tout les deux. En fait, je dois bien être masochiste quelque part. Si ma moitié souffre, je me dois de souffrir avec, ça doit être ça l'idée d'être jumeaux. Mais je ne sais pas. J'envie des fois les jumeaux fusionnels, ceux qui s'entendent à la perfection, ceux qui se connaissent. Je les envie autant que je les détestes. Ils ne montrent pas la vraie vie, ils ne montrent pas à quel point c'est dur de ne pas être une personne à part entière mais une personne dans deux corps différents. Je suis Raphaël. Ou peut-être pas, peut-être qu'on m'a séparé à la naissance, peut être que je ne m'appelais pas comme ça d'abord, peut-être que je m'appelais Tiphaël. On nous a séparés à la naissance. Oh ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça, pas maintenant Timaël. Et je ne réfléchis déjà plus que je me suis rapproché de lui, moi qui cherchait tant à le fuir, à éviter de m'approcher, me voilà maintenant dans son dos, à le pousser contre la porte à défaut de le voir dégringoler dans les escaliers. The night will hur you like never before. J'en ai marre de ce cœur qui va exploser, j'en ai marre de ces paroles qu'on s'échangent, j'en ai marre de revenir vers toi pour qu'on se blesse. Et rien ne s'arrête. J'ai toujours la colère dressée en moi, prête à attaquer, elle mord, crache son venin, ça me brûle le cœur avant d'exploser dans l'air. « C'est toi le maître de ce monde, tu serais pas Alice en fait ? La robe t'irais tellement bien. Mais si tu es si sûr de toi, si je ne peux que perdre, je t'en prie, achève moi tout de suite, qu'on en finisse par ce que j'en ai vraiment ras le cul d'être là. » Je m'éloigne de lui à nouveau, je ne peux pas rester si proche, j'ai envie de m'échapper aussi, mais maintenant je n'ai plus que la fenêtre. Je porte la cigarette à mes lèvres, prie pour qu'il accepte, qu'il me tue enfin, qu'il me tranche la gorge à coup de carte, on a que ça à faire après tout. Si ses paroles se veulent blessantes, c'est réussit, il peut continuer, il peut faire mal comme ça, moi je m'en fiche. J'ai envie de m'enfuir, et parallèlement j'ai envie de le serrer dans mes bras, parce que putain, j'ai eu tellement mal quand je l'ai entendu crier cet idiot dans ce chapiteau .Mon poing se serre, et bien que ma raison soit folle, ma langue ne l'écoute pas. Je continue à parler, comme si j'étais deux personnes différentes, en contradiction avec moi-même. « Ou alors tu peux prendre la fuite, je vois que t'es prêt à partir, mais ne me traite plus jamais de lâche après ça, tu es tellement pitoyable Timaël. Toi, tout ce que t'as toujours fais, tout ce que t'as toujours voulu, toi et tes poupées. Toi. Putain, crois-moi, je ne chercherais même plus à te retrouver ici, si je t'ai croisé là c'est bien pour une seule raison : me sentir encore plus con qu'avant. Maintenant que c'est fait, j'ai plus besoin de te revoir. » Ou alors tu peux juste m'achever là. Je parle toujours, beaucoup trop, et la plupart du temps ce n'est que pour moi. Le Chat du Cheshire. Mais ce dont j'ai envie le plus, c'est bien de partir de cet endroit, avant que l'on ne se blesse encore. Je n'en peux plus, je ne veux plus de tout ça, je ne veux plus du passé, je ne veux plus d'un futur à deux, je voulais juste un instant du présent, un instant bloqué quelque part, entre ce chapiteau en feu et la prestation ratée du soir, un instant, le serrer dans mes bras, partir.
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